Soupçons de fichage de "gilets jaunes" : "Des erreurs ont été commises", reconnaît le directeur adjoint de l'AP-HP

L\'hôpital européen Georges Pompidou, à Paris (illustration).
L'hôpital européen Georges Pompidou, à Paris (illustration). (VINCENT ISORE / MAXPPP)

François Crémieux a reconnu lundi que des informations médicales d'une dizaine de personnes réelles, en plus de cas fictifs, avaient bien été retrouvées dans le fichier SI-VIC de l'AP-HP, alors qu'il n'était pas censé en contenir.

L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a reconnu mercredi une "erreur" dans la constitution de fichiers concernant des patients ayant participé aux manifestations de "gilets jaunes", confirmant des informations du Canard enchaîné. Dix cas fictifs ont bien été retrouvés dans le fichier SI-VIC et une dizaine d'autres cas de personnes réelles, avec mention d'informations médicales, ont été signalés, alors que ce fichier n'est pas censé en contenir.

"Il y a bien eu un certain nombre de patients qui ont réellement été pris en charge dans les services d'urgence de l'Assistance publique et pour lesquels des informations contenaient des données d'ordre médical qui n'auraient pas dû figurer dans ce fichier", a déclaré lundi 29 avril sur franceinfo François Crémieux, directeur général adjoint de l'AP-HP, à la suite des dysfonctionnements observés par le fichier SI-VIC.

Il y a eu là des erreurs qui ont été commises. L'objectif de la mission d'enquête qui démarre est de préciser les raisons pour lesquelles ces informations se sont retrouvées dans ce fichierFrançois Crémieuxà franceinfo

"Parallèlement, on s'est aussi rendu compte qu'il y avait eu une erreur de faite et qu'une saisie de patients fictifs, qui avait servi à une session de formation pour permettre à nos équipes d'apprendre à utiliser le dispositif SI-VIC et dans laquelle on retrouve des remarques fantaisistes, a été involontairement intégrée à l'intérieur de la base SI-VIC", a-t-il poursuivi.

Les conclusions de l'enquête dans six semaines

"L'enquête démarre maintenant. Elle a été déclenchée vendredi par le directeur général de l'Agence régionale de santé et par l'AP-HP", a déclaré le directeur général adjoint de l'AP-HP. Les enquêteurs ont six semaines pour rendre leurs conclusions, "pour éclairer la raison pour laquelle cet exercice de test a pu se retrouver dans la base principale et pourquoi, pour d'autres patients, des informations à caractère médical ont pu être saisies dans cette case 'commentaires' alors qu'elles auraient dû être strictement saisies dans le dossier médical des patients des urgences et non pas dans le ficher SI-VIC". Un rapport d'étape est attendu le 15 mai et la fin de l'enquête est prévue à la fin du mois.

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