ISF, 80 km/h, vote blanc, RIC... Ces mesures qu'Emmanuel Macron a écartées

Emmanuel Macron, le 25 avril 2019, lors de sa conférence de presse organisée à l\'Elysée.
Emmanuel Macron, le 25 avril 2019, lors de sa conférence de presse organisée à l'Elysée. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Des annonces, mais pas seulement. Lors de sa très attendue conférence de presse jeudi soir, le chef de l'Etat a aussi dit non à plusieurs mesures. Franceinfo vous les détaille.

"Ça, je ne le souhaite pas." Lors de sa conférence de presse à l'Elysée, jeudi 25 avril, Emmanuel Macron n'a pas seulement annoncé des mesures. Il en a écarté plusieurs, certaines très symboliques, comme le projet de référendum d'initiative citoyenne (RIC), mesure réclamée par les "gilets jaunes". Franceinfo vous résume les points que le président de la République ne retiendra pas. 

Non au référendum d’initiative citoyenne

Les "gilets jaunes" vont être déçus. Le chef de l'Etat a redit qu'il ne souhaitait pas la mise en place du fameux référendum d'initiative citoyenne (RIC), mesure réclamée par les manifestants depuis le début du mouvement le 17 novembre. "Tel qu'il est proposé, il me semble remettre en cause la démocratie représentative", a jugé le président de la République devant ses ministres et les journalistes.

En revanche, Emmanuel Macron s'est prononcé en faveur de "plus de place pour la voix référendaire dans notre démocratie". Comment ? En abaissant à un million le nombre de signatures nécessaires pour un référendum d'initiative partagée (RIP). Jusque-là, il fallait réunir 10% du corps électoral, soit plusieurs millions de personnes, pour permettre aux Français de saisir le Parlement pour qu'il examine leur proposition.

Non à la reconnaissance du vote blanc

Nouvel échec pour les "gilets jaunes" : Emmanuel Macron dit aussi non à l'idée du vote obligatoire ou d'un vote blanc comptabilisé comme un vote exprimé. C'était une autre réclamation portée par le mouvement contestataire. Le président assure que la question du vote blanc "n'est pas négligeable". "J'ai un moment été tenté par cette option mais je ne la retiendrai pas parce que la crise de notre démocratie est aussi une crise d'efficacité, de capacité à prendre les décisions." 

On doit choisir. Parfois le moindre mal ou le mieux possible. Quand on vit une période difficile, blanc ça ne suffit pas (...), ça ne résoudra aucun problème.Emmanuel Macronlors de sa conférence de presse

Recalée aussi, la quesion du vote obligatoire. "Je ne retiendrai pas cette option, parce que je ne crois pas qu'on réponde à la crise démocratique par la contrainte." Selon le président, il y a aussi un aspect pratique. "Quand je regarde nos voisins, il est très dur de faire respecter l'obligation. Est-ce qu'on met des amendes ? C'est très dur. Je n'y crois pas."

Non au rétablissement de l'ISF

Oui à une baisse de l'impôt sur le revenu "pour ceux qui travaillent". Mais non au rétablissement de l'impôt sur la fortune, dont les "gilets jaunes" demandent depuis six mois le rétablissement. "L'ISF est paru comme une injustice fiscale", a d'abord expliqué le président, avant de défendre sa mesure : "Je veux rappeler que ce n'était pas une suppression mais une transformation vers le patrimoine immobilier pour encourager l’investissement dans l’économie réelle, puisque, sans ça, il y a une économie qui se vend aux investisseurs étrangers."

C'est une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés.Emmanuel Macronlors de sa conférence de presse

En revanche, il promet un réajustement en cas de besoin. La mesure "sera évaluée en 2020 et nous regarderons son efficacité. Si elle n'est pas efficace, nous la corrigerons."

Rien sur les 80 km/h

On a eu beau tendre l'oreille, le chef de l'Etat n'a pas eu le moindre mot sur la limitation de la vitesse à 80 km/h, mise en place le 1er juillet dernier. Un assouplissement de la mesure semblait pourtant dans les tuyaux ces derniers temps. Lors de ses rencontres avec les maires en régions, ces dernières semaines, Emmanuel Macron s'était dit ouvert à des aménagements de cette réforme au cas par cas, département par département, en fonction de l’état des routes. Cela attendra, donc.

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