Points chauds, interdictions, loi "anti-casseurs"… Ce qu'il faut savoir avant le 22e samedi de mobilisation des "gilets jaunes"

Des \"gilets jaunes\" dans les rues de Paris, le 6 avril 2019.
Des "gilets jaunes" dans les rues de Paris, le 6 avril 2019. (EDOUARD RICHARD / HANS LUCAS / AFP)

Après un dernier samedi qui a peu mobilisé, les manifestants espèrent un retour de flamme. C'est à Paris et Toulouse qu'est attendu le plus gros des troupes.

Une semaine après avoir enregistré leur plus faible mobilisation depuis le début du mouvement, les "gilets jaunes" sont bien décidés à remettre le couvert, samedi 13 avril. L'objectif est clair : faire (beaucoup) mieux que les 21 000 manifestants de la dernière fois. Paris et Toulouse semblent être les principaux points de ralliement de ce 22e week-end de contestation, alors que de nombreuses interdictions ont une nouvelle fois été décidées un peu partout en France. Franceinfo vous explique à quoi il faut s'attendre.  

Paris et Toulouse comme points chauds

Pour ce 22e samedi de mobilisation, deux villes semblent avoir été choisies pour être les principaux points de ralliement : Paris et Toulouse. Dans la capitale, un événement Facebook intitulé "Acte 22 Paris Englouti Par Un Tsunami Jaune !" rassemblait près de 1 500 personnes "intéressées" et environ 300 participants au moment d'écrire ces lignes. Le dispositif sera le même que la semaine dernière, avec des interdictions de manifester sur une partie de l'avenue des Champs-Elysées et de ses voies perpendiculaires, mais aussi à proximité de l'Elysée et de l'Assemblée nationale. 

A Toulouse, un appel à manifester a aussi été lancé sur Facebook. Son nom : "Acte XXII : Toulouse Capitale Nationale Des Gilets Jaunes". Plus de 4 000 personnes se disent intéressées. Le point de rendez-vous de ce rassemblement non déclaré en préfecture est fixé à midi au métro Jean-Jaurès. Cités par La Dépêche du Midi, les organisateurs veulent "en faire une journée noire et de mobilisation nationale pour lutter contre Macron et son monde". Plusieurs leaders du mouvement, dont Maxime Nicolle et Priscillia Ludosky, sont attendus sur place.

Ailleurs, des rassemblements malgré des interdictions

Paris n'est pas la seule ville à faire l'objet d'une interdiction de manifester. A Caen, le préfet du Calvados a signé deux arrêtés allant dans ce sens concernant le centre-ville et le rond-point bleu d'Ifs. A Lyon, après consultation du maire et des associations de commerçants du centre-ville, le préfet a lui aussi décidé d'interdire toute manifestation, dans un périmètre qui doit être précisé ultérieurement. Le maire de la ville, Gérard Collomb, s'est félicité sur Twitter de cette mesure.

Mêmes restrictions à Lille, où le préfet du Nord a signé un arrêté d'interdiction de manifestation pour samedi. Il évoque les débordements et les dégradations de ces dernières semaines. "Tout regroupement sera proscrit entre le boulevard de la Liberté, la rue Nationale et les deux gares", rapporte France Bleu. Un rassemblement de "gilets jaunes" est malgré tout prévu : les organisateurs donnent rendez-vous à 12h30 sur la place de la République. Selon La Voix du Nord, Jérôme Rodrigues, figure nationale du mouvement, sera présent. 

Ailleurs, un rassemblement "Grand Ouest" est organisé à Laval (Mayenne). Dans l'Est, la manifestation régionale se tiendra à Strasbourg. Un cortège s'élancera aussi de Nancy. A Roanne (Loire), "un parcours inédit de 6,5 km a été déposé en préfecture", fait savoir Le Progrès.

Un premier samedi sous la loi "anti-casseurs"

Une nouveauté va marquer ce 22e week-end de mobilisation : l'entrée en vigueur de la loi "anti-casseurs". Promulguée jeudi, elle sera appliquée dès samedi. Conséquence, tout vêtement qui pourrait dissimuler un visage sera considéré comme un délit et les fouilles dans les sacs et les voitures seront autorisées. "Un texte qui protège les Français face à l’insécurité et la violence. Un texte qui protège nos institutions et nos libertés", s'est félicité Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, sur Twitter.

Adoptée en réponse aux violences lors des mobilisations des "gilets jaunes", cette proposition de loi venue de la droite crée notamment un délit de dissimulation volontaire de "tout ou partie" du visage, passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. L’article 3, qui permettait aux préfets de prononcer des interdictions administratives de manifester, a en revanche été censuré par le Conseil constitutionnel. Un collectif de 51 organisations, dont Amnesty International, SOS Racisme, Greenpeace et le Syndicat de la magistrature, dénonce une "loi de circonstance" qui risque de "priver de manifester des manifestants pacifiques". Il appelle à manifester contre la loi, samedi, à Paris et dans d’autres villes.

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