Permanence d'un député LREM saccagée : les "gilets jaunes" ne "remplissent pas les cortèges mais les pages de faits divers"

Le député LREM Sacha Houlié, en septembre 2018. 
Le député LREM Sacha Houlié, en septembre 2018.  (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Le député Sacha Houlié a réagi sur franceinfo à la dégradation de la permanence d'un de ses collègues dans la Sarthe. 

Le député LREM de la Vienne, Sacha Houlié appelle dimanche 17 février sur franceinfo les soutiens des "gilets jaunes" à se désolidariser des manifestants qui "ne remplissent pas les cortèges mais remplissent les pages de faits divers par leurs dégradations", au lendemain du saccage de la permanence du député LREM de la Sarthe Damien Pichereau.

franceinfo : Quelle est votre réaction après cette nouvelle dégradation visant la permanence d'un député LREM ?

Sacha Houlié : Je pense que la solidarité que j'exprime à Damien, c'est celle que j'ai exprimée à tous mes collègues qui ont eu ces dégradations, qui ont été vilipendés, injuriés, menacés, et c'est naturellement insupportable pour tout le monde, d'abord pour les élus qui ont à le subir mais aussi pour toutes les personnes qu'ils représentent et qui se sentent visées par ces actions. Moi, c'était au début du mois de janvier avec des tags sur ma permanence, des dégradations répétées. Ça montre une certaine dégénérescence du mouvement qui, certes, est le fait d'une minorité mais qui aujourd'hui devrait conduire tous ceux qui y ont apporté leur soutien à un moment donné ou à un autre à se désolidariser de ce que sont devenus le mouvement des "gilets jaunes" et les manifestations qui ne remplissent pas les cortèges mais remplissent les pages de faits divers par leurs dégradations.

Vous demandez à ce que les soutiens des "gilets jaunes" se désolidarisent des violences, mais personne ne les a encouragé.

Les violences qu'on a constatées sont inhérentes au mouvement qui voit le jour depuis plusieurs mois et donc on ne peut pas s'affranchir et dire il y a les "gilets jaunes" et il y a les violences à côté. Il y a des violences en marge des cortèges des "gilets jaunes" qui sont devenues systématiques et dont se revendiquent une partie des "gilets jaunes". De ce point de vue-là, je crois que ça devrait interroger.

Comment expliquez-vous les violences envers les élus ?

On a atteint un degré de violences qui a été rarement connu sous la Ve République - à part à ses débuts - envers les élus. Il y a une minorité de personnes, d'individus qui se sont affranchis de toutes les règles et qui estiment qu'ils ne sont pas sanctionnés ou qu'ils sont hors des lois de la République pour agir ainsi, ce qui par ailleurs justifie l'adoption de la loi ["anti-casseurs"] que nous avons prise. Si on identifie ces individus dans un cortège, si on est capable de les interpeller un samedi et les placer en garde à vue et qu'ils refusent la comparution immédiate à laquelle ils sont convoqués le lundi, on a la possibilité de les interdire administrativement jusqu'à ce qu'ils voient un juge. 

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