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Pas de "violences irréparables" contre les "gilets jaunes" selon Emmanuel Macron : des mots "terribles" et "dangereux", selon la Ligue des droits de l'homme

Arié Alimi, le 11 janvier 2012, à Paris. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Arié Alimi, avocat membre du bureau national de la Ligue des droits de l'homme et conseil de plusieurs "gilets jaunes", réagit aux propos d'Emmanuel Macron, qui a assuré lundi que les forces de l'ordre n'avaient pas commis de "violences irréparables" lors de ce mouvement social.

"Je trouve ces mots terribles et profondément dangereux", réagit sur franceinfo lundi 26 août Arié Alimi, avocat membre du bureau national de la Ligue des droits de l'homme et conseil de plusieurs "gilets jaunes", alors qu'Emmanuel Macron a assuré lors d'une interview sur France 2 que les forces de l'ordre n'ont pas commis de "violences irréparables" lors de ce mouvement social.

"Un homme qui fait primer l'ordre public sur le droit à la vie"

"Je m'interroge de savoir ce que vous penseriez d'un homme qui fait primer l'ordre public sur le droit à la vie", poursuit-il, évoquant les cas de Zineb Redouane, une femme atteinte au visage par une grenade lacrymogène à la fenêtre de son appartement lors d'une manifestation de "gilets jaunes" à Marseille en décembre 2018, et de Steve Maia Caniço, jeune homme mort en tombant dans la Loire pendant la fête de la musique à Nantes alors qu'une intervention policière a eu lieu ce soir-là. Arié Alimi a également pointé du doigt "un homme qui fait primer l'ordre public sur la liberté d'expression et d'opinion".

"Que penseriez-vous d'un homme qui, face aux familles de ces personnes mortes, mutilées, qui ont perdu un membre ou un œil, leur dirait qu'il n'y a pas eu de violences irréparables ?" L'avocat "ne pense pas qu'il y ait un véritable mea culpa". Il évoque plutôt "une reconnaissance à pas feutrés" mais qui écarte toute "compassion pour les victimes du mouvement".