On travaille "pour résoudre les problèmes" que les gilets jaunes, "nous disent constater dans leur quotidien" (députée LREM)

Amélie de Montchalin, députée LREM de l’Essonne, sur franceinfo, le 21 novembre 2018.
Amélie de Montchalin, députée LREM de l’Essonne, sur franceinfo, le 21 novembre 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Amélie de Montchalin, invitée de franceinfo, a jugé "légitime" "la colère des Français qui ont mis un gilet jaunes samedi".

Alors que le mouvement des "gilets jaunes" dure depuis cinq jours, la députée LREM de l’Essonne, première vice-présidente du groupe à l'Assemblée nationale Améliea de Montchalin réagissait sur franceinfo. Pour elle, ce qu'il faut regarder c'est "la légitimité des Français qui ont mis un gilet samedi". Elle a notamment expliqué que "cette colère, c'est sur quoi on a fondé le mouvement En Marche !". "On est en train de travailler depuis 18 mois pour résoudre un à un les problèmes à la racine que ces Français nous disent constater dans leur quotidien", a estimé Amélie de Montchalin.

franceinfo : Cette colère des gilets jaunes, vous ne l'avez pas vu venir et vous avez du mal à en sortir ?

Amélie de Montchalin : Ce qu'il faut regarder c'est la colère légitime des Français qui ont mis un gilet samedi. Ils nous disent qu'on se sent abandonnés, déclassés, on sent que le travail ne paye pas et que dans nos territoires, on est toujours en deuxième ligue. Cette colère, c'est sur quoi on a fondé le mouvement En Marche. On est en train de travailler depuis 18 mois pour résoudre un à un les problèmes à la racine que ces Français nous disent constater dans leur quotidien, notamment quand on baisse les charges sur les heures supplémentaires. Quand on diminue les charges qui pèsent sur le travail pour qu'en octobre tous les salariés aient 1% de salaire en plus qui n'ait rien coûté à leurs patrons.

Reconnaissez-vous que c'est la première grave difficulté du quinquennat ?

La difficulté qu'on a c'est qu'on veut passer de la loi à la réalité, des discours à la réalité. Nous ça fait 18 mois qu'on cherche des solutions, qu'on se pose des questions, qu'on se dit que le but ce n'est pas de voter en grande pompe des textes dans l'hémicycle. Le but c'est que les Français voient que leur vie change, que le travail paye. Les "gilets jaunes" nous disent qu'il y a des territoires où on paie des impôts or on n'a pas les services qui vont avec. C'est pour ça qu'on a fait la réforme de la taxe d'habitation parce qu'on paye trois fois plus de taxe d'habitation quand on est en grande banlieue que quand on est au centre de la métropole. On s'en sort en faisant en sorte que chacune de ces politiques aient les résultats qu'on attend de ces politiques.

Face à cette France populaire on a l'impression que vous ne savez pas parler, vous n'arrivez pas à vous écouter. C'est un dialogue de sourds ?

Pour moi, c'est la France dont je suis élue. L'Essonne, c'est à 25 ou 30 kilomètres de Paris où les transports en commun ça n'existe que pour certains. Il y en a plein qui sont entre les lignes et pour lesquels il n'y a pas grand-chose. Un par un, territoire par territoire, on doit comprendre quel est l'enjeu. Sur certains territoires, c'est la désertification médicale, c'est ce qu'on est en train de mettre en œuvre avec les hôpitaux de proximité. Sur d'autres endroits, c'est l'école, c'est là qu'on dédouble les classes. Au fond ce qu'ils nous disent les "gilets jaunes", c'est qu'on a besoin des solutions là où on est, pour qui on est, pour la situation qu'on vit là où on est. Dans la réforme constitutionnelle, on a inclus le principe de différenciation territoriale, c'est essentiel.

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