Motion de censure : "Pour changer de cap, il faut changer de gouvernement" explique un député PCF

Pierre Dharreville, le 13 novmebre 2018.
Pierre Dharreville, le 13 novmebre 2018. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Pour Pierre Dharréville, cette motion de censure est "une manière de donner de l'écho à un débat politique" pour sortir de la crise "parce que l'issue sera politique".

Les députés PS, la France Insoumise et PCF déposent lundi 10 décembre une motion de censure contre le gouvernement pour dénoncer sa gestion de la crise des "gilets jaunes". Elle sera examinée mercredi à l'Assemblée. Sur franceinfo lundi matin, le député communiste Pierre Dharréville justifie cette motion qui va "maintenir une pression" sur l'exécutif et faire rentrer le débat sur les "gilets jaunes" à l'Assemblée nationale.

franceinfo : Quelles mesures doit annoncer ce soir Emmanuel Macron ?

Pierre Dharréville : Je ne suis pas suspendu aux lèvres du président de la République et je pense que le Parlement doit jouer tout son rôle. D'ailleurs, la majorité ne l'a pas suffisamment fait ces derniers temps. En tout cas, il doit dire "stop". Il doit dire qu'il faut changer de cap, ce qu'il n'a pas fait jusqu'ici. Mais nous, nous pensons que le gouvernement a failli et que pour changer de cap il faut changer de gouvernement. C'est pour cela que nous déposons cette motion de censure ce matin.

Il faut un remaniement ?

Il ne faut pas simplement un changement de tête, mais pour incarner un changement de politique, il va aussi falloir changer le gouvernement. C'est ce que nous pensons. C'est ce que nous proposons. Je crois que notre rôle est de donner de l'ampleur au débat démocratique, au débat politique dans notre pays. Il y a d'autres possibilités, d'autres alternatives que celles qui sont portées par le gouvernement, contrairement à ce qu'il répète depuis 18 mois maintenant en nous expliquant qu'il a les bonnes solutions techniques. Non, ça ne va pas. Il faut changer d'orientation et nous, nous voulons mettre ça à l'ordre du jour. Il y a d'autres manières de faire possibles. Il y a d'autres choix politiques possibles et je pense que celles et ceux qui sont dans la rue depuis plusieurs semaines disent cela, ils contestent des choix politiques. D'une certaine façon, il y a une volonté populaire de se réapproprier la politique, de se réapproprier la République dans notre pays et je crois qu'il faut s'appuyer là-dessus et en faire une force pour l'avenir.

Vous n'aurez jamais, a priori, la majorité nécessaire pour que la motion de censure passe, avec 62 députés sur 577. Quel est l'intérêt aujourd'hui de la démarche ?

En effet, jusqu'ici les initiatives que nous avons prises n'ont pas recueilli les suffrages de La République en marche qui est très majoritaire dans l'Assemblée. Cela étant dit, c'est une manière de faire rentrer dans l'Assemblée nationale toutes ces aspirations à plus de justice sociale et fiscale qui s'exprime de différentes façons. C'est une manière aussi de donner de l'écho à un débat politique dont nous avons besoin pour sortir de cette crise parce que l'issue sera politique. Donc, il faut que les différentes forces politiques jouent tout leur rôle. Il faut que les institutions jouent leur rôle. Il faut que les élus jouent tout leur rôle. C'est aussi le sens de cette motion de censure.

Est-ce que vous espérez rallier certains députés de la majorité ?

Oui, pourquoi pas. On peut estimer que la situation de crise dans laquelle nous nous trouvons fait réfléchir un certain nombre de parlementaires et qu'un certain nombre d'entre eux se dit "bon, ce n'est pas possible". Il faut faire autrement, réfléchir autrement et donc, nous ne désespérons pas de convaincre certains parlementaires de la majorité de nous suivre. Nous avons eu un certain nombre de discussions. On essaie de faire  avancer cette idée-là qu'il faut aujourd'hui changer de cap, qu'il faut aujourd'hui effectivement envoyer d'autres signaux que ceux qui ont été envoyés par le gouvernement.

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