Marseille : une femme, blessée lors d'une manifestation, porte plainte pour "tentative d'homicide" contre la police

La police anti-émeute sur le Vieux-Port de Marseille, samedi 19 janvier 2019 lors d\'une manifestation de \"gilets jaunes\".
La police anti-émeute sur le Vieux-Port de Marseille, samedi 19 janvier 2019 lors d'une manifestation de "gilets jaunes". (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Les faits se sont déroulés le 8 décembre, à la fin d'une manifestation de "gilets jaunes". La jeune femme de 19 ans a été gravement blessée au crâne et son cerveau a été touché. Cette plainte vise également les policiers pour "non-assistance à personne en danger".

Une jeune femme de 19 ans a porté plainte, mardi 30 avril, contre la police pour "tentative d'homicide" et "violences volontaires", après avoir été grièvement blessée le 8 décembre à Marseille, en marge d'une manifestation des "gilets jaunes", a-t-on appris auprès de son avocat.

D'abord touchée à une cuisse par un lanceur de balles de défense (LBD), Maria, tombée au sol, aurait ensuite été violemment matraquée et frappée à coups de pied à la tête par plusieurs policiers en civil, selon sa plainte, révélée par Mediapart (article réservé aux abonnés). D'où la plainte contre "personnes non dénommées mais identifiées comme exerçant la fonction de policier", a précisé son avocat, Brice Grazzini.

Cette plainte vise également les policiers pour "non-assistance à personne en danger" et "non-obstacle à la commission d'une infraction". L'IGPN, la police des polices, a été informée de ces faits depuis le 19 décembre, a aussi confirmé l'avocat, regrettant que sa cliente n'ait toujours pas été auditionnée.

Quatre mois sans pouvoir reprendre le travail

La jeune femme aurait été frappée par les policiers vers 18h30, peu après avoir quitté la boutique où elle travaillait comme vendeuse. Si elle affirme ne pas avoir rejoint la manifestation des "gilets jaunes" et des militants pour le climat et contre le mal-logement en train de se disperser, elle concède avoir "bêtement fait péter des pétards sur le sol", qu'elle avait achetés "pour les utiliser un soir de match de foot" : "Mais la charge de police a dû arriver au moins 15 minutes après", explique-t-elle à Mediapart.

Maria, toujours suivie de près médicalement, notamment par un psychiatre, n'a pu reprendre son travail qu'au cours du mois d'avril, plus de quatre mois après les faits.

Le samedi 8 décembre a été le plus tendu à Marseille depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", le 17 novembre. Plusieurs manifestations avaient eu lieu ce jour-là : outre les "gilets jaunes", qui étaient environ 2 000, une marche de militants contre le changement climatique et le logement insalubre avait rassemblé quelque 10 000 personnes.

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