"Marche des blessés", dénonciation des violences policières, Doc Gyneco : ce qu'il faut retenir du douzième samedi de mobilisation des gilets jaunes

Une banderole réclamant l\'interdiction des lanceurs de balles de défense et des grenades, le 2 février 2019 à Paris.
Une banderole réclamant l'interdiction des lanceurs de balles de défense et des grenades, le 2 février 2019 à Paris. (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)

Les "gilets jaunes" ont défilé un peu partout en France pour le douzième samedi consécutif.

Une nouvelle fois, les "gilets jaunes" sont descendus dans la rue, samedi 2 février, pour dénoncer les violences policières et manifester contre le gouvernement. C'était leur douzième samedi de mobilisation depuis le lancement du mouvement le 17 novembre.

Franceinfo fait le point sur cette journée.

La "marche des blessés"

Un œil bandé, en béquilles ou en fauteuil roulant... Les "gueules cassées" du mouvement étaient au premier rang des différents cortèges pour une journée voulue par les organisateurs comme "la marche des blessés". A Paris, le "gilet jaune" Jérôme Rodrigues, blessé grièvement le 26 janvier, a été acclamé par la foule. De nombreuses banderoles réclamaient l'interdiction du "LBD-40 et des grenades GLI-F4 et GMD", au cœur des accusations de violences policières.

> EN IMAGES. Les "gilets jaunes" manifestent contre les violences policières.

Des avocats dénoncent les "dérives" dans le traitement des "gilets jaunes"

Dans une tribune publiée sur franceinfo.fr, une soixantaine d'avocats ont dénoncé le traitement judiciaire des manifestants. Entraves au recours à un avocat, comparutions immédiates généralisées, peines sévères... "Nous, avocats signataires, tenons à alerter quant aux dérives que nous constatons et qui semblent porter atteinte aux droits individuels et aux libertés publiques dans notre pays", écrivent-ils.

> TRIBUNE. Une soixantaine d'avocats dénoncent les "dérives" dans le traitement judiciaire des "gilets jaunes".

58 600 manifestants selon les autorités

Selon le ministère de l'Intérieur, 58 600 manifestants ont défilé dans toute la France. Un chiffre en baisse par rapport au samedi précédent, où 69 000 personnes avaient été comptabilisées. De son côté, le cabinet Occurence, mandaté par plusieurs médias dont franceinfo, a dénombré 13 800 manifestants dans le cortège parisien. La préfecture de la Drôme a elle comptabilisée 5 400 manifestants à Valence, siège d'une grande manifestation régionale.

> "Gilets jaunes" : on fait le point sur les chiffres de la mobilisation du 2 février.

> "Gilets jaunes", nouvelle journée de mobilisation : le point région par région

Des heurts à Paris, Morlaix, Bordeaux, Nantes et Valence

Débutés dans le calme, les cortèges se sont parfois terminés par des heurts. A Paris, les premiers incidents ont éclaté en fin d'après-midi aux abords de la place de la République, où les forces de l'ordre ont commencé à faire usage de lacrymogène et de canon à eau pour maintenir à distance des manifestants qui leur lançaient des projectiles. Le président du syndicat lycéen UNL a indiqué sur Twitter avoir été blessé au pied par un tir de LBD. 30 personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.

Une voiture brûle dans les rues de Bordeaux (Gironde), le 2 février 2019.
Une voiture brûle dans les rues de Bordeaux (Gironde), le 2 février 2019. (GEORGES GOBET / AFP)

A Morlaix (Finistère), les manifestants ont tenté de forcer un barrage policier près de la sous-préfecture. Un policier a été blessé, quatre contusionnés, selon la préfecture du Finistère. Quatre personnes ont été interpellées, rapporte France 3 Bretagne. A Bordeaux, des manifestants s'en sont pris aux vitrines et aux forces de l'ordre, rapporte France 3 Nouvelle Aquitaine. A Nantes, deux policiers, également cibles de projectiles, ont été blessés lors d'une manifestation de "gilets jaunes" qui a été émaillée d'incidents et de dégradations. A Valence, quatre policiers ont été "légèrement blessés" selon la préfecture.

Doc Gyneco et Joachim Son-Forget proposent de jouer "les Casques bleus"

C'est la proposition la plus inattendue de la semaine. Dans un message envoyé à Eric Drouet, le député Joachim Son-Forget propose à cette figure des "gilets jaunes" de jouer l'intermédiaire entre lui et Emmanuel Macron, avec l'aide du chanteur Doc Gyneco. "On a trouvé utile avec Doc Gyneco d'être un peu les Casques bleus de cette histoire", explique à franceinfo l'ancien élu La République en marche.

> "On veut être les Casques bleus" : Joachim Son-Forget et Doc Gyneco expliquent pourquoi ils proposent de rencontrer le "gilet jaune" Eric Drouet.

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