Manifestations du 1er-Mai à Paris, Bordeaux, Grenoble... Le point sur la situation dans les principales villes du pays

Deux \"gilets jaunes\" attendent le début de la manifestation à Montparnasse, à Paris, le 1er mai 2019.
Deux "gilets jaunes" attendent le début de la manifestation à Montparnasse, à Paris, le 1er mai 2019. (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)

A Paris, la principale manifestation s'est élancé à 14h30 de Montparnasse avant de rejoindre la place d'Italie.

Journée sous haute tension dans de nombreuses villes françaises. Le porte-parole de la police nationale, Michel Lavaud, a annoncé, mercredi 1er mai, sur franceinfo, que de premières interpellations avaient eu lieu, avant 8 heures, "dans le cadre de contrôles préalables à Paris et dans toutes les villes où la vigilance est de mise".

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"Nous avons à peu près 300 rassemblements aujourd'hui, a-t-il précisé. Nous sommes en posture de vigilance et, sur quelques rassemblements, dans quelques villes, nous serons en posture de grande vigilance : Lyon, Grenoble, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Rennes." Voici la situation dans chacune des villes sous haute surveillance.

A Paris 

• 40 000 manifestants. Le défilé parisien a rassemblé 40 000 personnes, selon un comptage effectué pour plusieurs médias, dont franceinfo, par le cabinet Occurrence. A 18 heures, le ministère de l'Intérieur recensait de son côté 28 000 manifestants à Paris.

• 330 interpellations. A 18h00, 330 interpellations et 17 706 contrôles préventifs avaient été effectués en marge de la mobilisation du 1er-Mai à Paris, selon la préfecture de police de Paris. Au total, 210 personnes sont en garde à vue, suite à leur interpellation. Dans la capitale, 7 400 forces de l'ordre sont mobilisées. 

• De nombreux rassemblements. Le cortège syndical parisien, à l'appel de la CGT, FSU, Solidaires, l'Unef, l'UNL et FO, a quitté Montparnasse à 14h30 pour rejoindre la place d'Italie. De nombreux manifestants, "gilets jaunes" et "black blocs" étaient déjà au rendez-vous dans la matinée. 

En parallèle, en fin de matinée, une centaine de "gilets jaunes" et de militants écologistes ont commencé à emprunter le parcours en sens inverse, une manifestation autorisée par la préfecture de police. Une marche libertaire, déclarée auprès des autorités, s'est quant à elle élancée de la place des Fêtes (19e arrondissement), à 11 heures, vers Stalingrad.

Les "réformistes" CFDT, CFTC, Unsa, avec l'organisation de jeunesse Fage, ont tenu un rassemblement distinct, dans la matinée, place de l'Odéon, en présence de 200 à 300 personnes. Enfin, à la mi-journée, Jean-Marie Le Pen a rendu hommage à Jeanne d'Arc sur la place des Pyramides (1er arrondissement).

Des consignes de fermeture de commerces. Le préfet de police, Didier Lallement, a pris un arrêté pour imposer à 584 commerces, bars et restaurants présents sur le parcours de la manifestation syndicale de fermer et de se protéger. Par ailleurs, une trentaine de stations de métro ont été fermées, des lignes ont été partiellement interrompues et la circulation des bus était très compliquée.

A Bordeaux

Plus de 6 000 manifestants. Les syndicats se sont retrouvés, à 10 heures, sur la place de la République, malgré un parcours interdit par la préfecture. "C'est la première fois qu'un parcours syndical est interdit dans les beaux quartiers", a déploré la FSU. Selon la préfecture, citée par France Bleu Gironde, 6 400 personnes ont défilé, dont 1 300 "gilets jaunes".

Le cortège, qui s'est séparé en deux, a défilé dans le calme. Deux interpellations ont eu lieu en amont de la manifestation, selon la préfecture de Gironde. 

Les rassemblements interdits dans le centre l'après-midi.  France Bleu Gironde précise que la préfecture a pris un arrêté pour interdire de manifester dans le cœur de Bordeaux, à partir de 15 heures, à l'issue du défilé. 

A Grenoble

Au moins 4 200 personnes au rendez-vous. A la mi-journée, peu avant la fin du défilé, la police a fait état de 4 200 manifestants partis de la gare de Grenoble, selon Le Dauphiné Libéré. Les syndicats ont, eux, avancé le chiffre de 10 000 manifestants. Le cortège s'est terminé dans le jardin de ville, où des animations étaient prévues tout l'après-midi, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

Des difficultés de circulation. Comme chaque année dans de nombreuses villes le 1er mai, les trams et les bus sont restés au dépôt à Grenoble. La police a également mis en garde contre des perturbations routières.

A Lyon

Plus de 6 000 manifestants. Selon la préfecture, 6 200 personnes ont pris part au défilé parti de la place Jean-Macé à 11 heures, à l'appel notamment de la CGT. Les syndicats ont, eux, compté 9 500 manifestants. "Malgré les interdictions de manifester dans le périmètre de l'hyper-centre", le cortège s'est rendu, dans le calme, jusqu'à la place Bellecour, précise France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Une soixantaine de personnes ont répondu à l'appel du syndicat réformiste pour sa "manifestation sur roulettes" (vélo, rollers, trottinettes...).

Une interpellation. Des bombes de peinture ont été lancées par un petit groupe de black blocs sur la façade d'un centre commercial, devant lequel étaient positionnées des forces de l'ordre. Ces dernières ont répliqué en tirant des gaz lacrymogènes, qui ont perturbé le défilé quelques minutes. Une personne a été interpellée.

A Toulouse

• Plusieurs milliers de personnes dans le défilé toulousain. Le cortège s'est élancé de la place Esquirol pour rejoindre Arnaud Bernard via la rue de Metz et les boulevards. France Bleu Occitanie relève une "convergence des luttes" avec environ un tiers des manifestants au sein du cortège syndical qui sont en réalité des "gilets jaunes".  

• 300 profils à risque. Selon les informations d'une source policière à France 3 Occitanie, 300 profils à risque seraient présents dans le cortège toulousain. Si aucun black bloc n’a pour l’instant été repéré, des "ultras", dont des anciens zadistes, ont été signalés.

• Deux personnes interpellées. Selon les informations de France 3 Occitanie, deux personnes ont été interpellées à la mi-journée. Elles ont été contrôlées "positives" lors de contrôles policiers organisés en amont des manifestations toulousaines. L’un d’eux transportait un marteau.

• La place du Capitole interdite aux manifestants. Le préfet de Haute-Garonne a interdit toute manifestation sur la place du Capitole entre 9 heures et 18 heures. La veille, une poignée de "gilets jaunes" avaient investi la mairie de Toulouse pour y déployer des banderoles. Cela n'a pas empêche certains de tenter d'entrer sur le Capitole. Les manifestants ont finalement été repoussés vers l'extérieur à l'aide de gaz lacrymogènes, selon une source policière à France 3.

A Nantes

• 5 000 manifestants selon les syndicats, 3 500 selon la police. Le cortège de la CGT, FSU, Solidaires, l'Unef et le MNL qui est parti de place Bretagne réunit 5 000 personnes, selon les syndicats. La police décompte de son côté 3 500 manifestants. "Ça se passe dans une bonne ambiance, pas de tension jusque-là. C'est l'unité qui prime pour les syndicats qui, comme les gilets jaunes, réclament plus de justice sociale", rapporte la journaliste de France Bleu Loire Océan présente sur place. 

• Convergence des luttes avec les "gilets jaunes". Les syndicats avaient appelé les "gilets jaunes" à les rejoindre. La journaliste de France Bleu Loire Océan estime que dans le défilé, ils sont une bonne moitié à être "gilets jaunes". 

A Rennes

• Deux cortèges. Un premier défilé a débuté à 11 heures dans le sud de la ville, à l'appel de la CGT, FO et FSU, qui ont appelé à se réunir "sans 'gilets jaunes'". Un second cortège défile dans le centre avec le syndicat Sud Solidaires.

• Environ 3 000 manifestants en ordre dispersé. Le cortège de Sud Solidaires a réuni environ 2 000 personnes, selon France 3 Bretagne, et celui de la CGT, FO et FSU un millier de manifestants.

A Marseille

• 30 000 manifestants selon la CGT, 5 500 selon la police. A Marseille, 30 000 personnes ont manifesté selon la CGT. La préfecture de police, de son côté, fait état de 5 500 manifestants, dont 1 200 "gilets jaunes".

• Un policier légèrement blessé. Un jet de projectile a fait un blessé léger du côté des forces de l'ordre en marge de la manifestation à Marseille, a indiqué la préfecture de police à franceinfo. 

• Jean-Luc Mélenchon dans le cortège. Le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s'est joint au cortège placé sous le signe de la "convergence des luttes" entre forces sociales et "gilets jaunes". "Ce qui est nouveau cette année, c'est la jonction entre le mouvement ouvrier, traditionnel, syndical et le mouvement spontané, insurrectionnel, des 'gilets jaunes"", a déclaré à la presse le député des Bouches-du-Rhône.

A Besançon

• 2 100 manifestants, selon la police. Le cortège est parti dans la matinée de la place de la Révolution. Syndicalistes, "gilets jaunes", citoyens... ils étaient 2 100, selon le décompte de la police, à faire front commun lors d'un défilé pour la fête du travail. A l'issue de la manifestation bisontine, un village festif s'est installé place Granvelle, rapporte France 3 Bourgogne Franche-Comté. Des stands d'information étaient prévus pour répondre aux questions sur des sujets divers (santé, école, précarité...).

• Des "gilets jaunes" ont tenté de s'introduire dans un commissariat à Besançon. Entre 200 et 300 "gilets jaunes" ont tenté de s'introduire dans le commissariat de Besançon (Doubs) en marge du défilé organisé pour la fête du Travail, a appris franceinfo auprès de la préfecture du département. Ils ont été repoussés à l'aide de gaz lacrymogènes.

A Lille 

• 1 500 manifestants, selon la police. Au total, la police a dénombré 1 500 personnes au sein du cortège syndical. S'il a défilé dans le calme, des grenades lacrymogènes ont tout de même été lancées près de boulevard de la Liberté, notamment à proximité des locaux de France 3. 

• La convergence des luttes pas au rendez-vous. Seuls une centaine de "gilets jaunes" se sont joints au cortège syndical à Lille, selon France 3 Hauts-de-France. Pourtant, la secrétaire générale de la CGT de Lille, Christine Carlier, a assuré avoir "des contacts réguliers" avec les "gilets jaunes" et vouloir "fédérer toutes les colères et toutes les revendications". 

A Caen 

• 2 000 manifestants. Des syndicalistes, des étudiants, des défenseurs du climat et quelques centaines de "gilets jaunes" se sont réunis pour défiler à Caen. Au total, ils étaient 2 000, selon la préfecture. La manifestation s'est globalement déroulée dans le calme.

• Des dégradations et une interpellation. Des dégradations ont cependant été relevées sur des banques et un commerce sur le parcours. Une personne a été interpellée, affirme France 3 Normandie

A Montpellier 

 • Plus de 2 000 manifestants. Environ 2 400 personnes, selon la police, ont défilé dans les rues de Montpellier, sous le soleil et dans le plus grand calme, bien loin des échauffourées qui ont émaillé la manifestation parisienne. 

• Des "gilets jaunes" en tête du cortège. Puisque les "gilets jaunes" se sont joints à la manifestation syndicale, une certaine confusion a régné avant que le cortège n'emprunte le boulevard du Jeu de Paume : qui pour prendre la tête du cortège, "gilets jaunes" ou syndicats ? Après quelques tensions, ce sont finalement les "gilets jaunes" qui ont pris la tête du défilé, rapporte France Bleu Hérault.

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