Manifestations, blessés, enquêtes… Six mois de mobilisation des "gilets jaunes" en six chiffres

Des \"gilets jaunes\" à Rochefort (Charente-Maritime), le 24 novembre 2018.
Des "gilets jaunes" à Rochefort (Charente-Maritime), le 24 novembre 2018. (XAVIER LEOTY / AFP)

Depuis le début du mouvement social, 47 695 manifestations et rassemblements de "gilets jaunes" ont été décomptés. 

Cela fait six mois, jour pour jour, que dure le mouvement social des "gilets jaunes", dont la première journée de mobilisation s'est tenue le 17 novembre 2018. Avec des manifestations chaque samedi et des pics de violence, qui ont fait de nombreux blessés du côté des manifestants comme des forces de l'ordre, cette contestation a rythmé l'actualité et la vie des Français. Franceinfo revient en six chiffres sur l'ampleur d'un mouvement inédit qui, même s'il s'essouffle, se poursuit chaque samedi. 

47 695 manifestations

Depuis le début du mouvement, 47 695 manifestations et rassemblements de "gilets jaunes" ont été décomptés, aussi bien sur les ronds-points que lors des manifestations organisées chaque samedi depuis six mois, selon le ministère de l'Intérieur.

A son pic, lors de la première mobilisation du 17 novembre, ce mouvement inédit a rassemblé 282 000 personnes, selon les chiffres de l'Intérieur – qui sont régulièrement contestés par les manifestants. Les trois samedis suivants ont, eux, aussi fortement mobilisé avec 166 000 manifestants dénombrés le 24 novembre et 136 000 les deux premiers samedis de décembre.

La mobilisation a ensuite été variable, avant de décroître depuis la fin mars. Pour le dernier samedi, 18 900 "gilets jaunes" ont manifesté dans le pays, selon les chiffres officiels. La page Facebook du "Nombre jaune" avait, elle, décompté 40 291 manifestants.

11 morts et 4 245 blessés, dont près de 2 500 parmi les manifestants

Côté manifestants, 2 448 personnes ont été blessées, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur arrêtés au 13 mai. Selon le décompte tenu par le journaliste indépendant David Dufresne, 284 personnes ont été blessées à la tête, 24 ont été éborgnées et cinq ont eu la main arrachée.

Du côté des forces de l'ordre, la place Beauvau a recensé 1 797 blessés, principalement des policiers ou des gendarmes, mais aussi quelques pompiers. 

Depuis le début du mouvement, 11 personnes ont également trouvé la mort, principalement dans des accidents de la route. Ce bilan, sans précédent pour un conflit social, a donné lieu à des tentatives de récupération venant des manifestants comme du gouvernement.

Des enquêtes restent ouvertes pour déterminer les causes de 9 des 11 décès, et trois conducteurs ont été mis en examen pour homicide involontaire. L'enquête sans doute la plus épineuse concerne Zineb Redouane, seul décès pour lequel les proches de la victime mettent en cause la responsabilité des forces de l'ordre. Cette Algérienne de 80 ans est morte à l'hôpital le 2 décembre après avoir été atteinte par une grenade lacrymogène alors qu'elle fermait ses volets à Marseille, pendant une manifestation de "gilets jaunes". 

12 908 tirs de LBD

Depuis le 17 novembre, 12 908 tirs de lanceur de balles de défense (LBD) ont été effectués lors des manifestations de "gilets jaunes", selon des chiffres du ministère de l'Intérieur actualisés mercredi 15 mai. L'usage du LBD pour le maintien de l'ordre a été au centre d'une vive polémique sur les violences policières, car il a été à l'origine de nombreuses blessures graves.

Le Conseil d'Etat doit se prononcer sur l'usage du LBD dans les manifestations, à l'occasion d'un recours de la Ligue des droits de l'homme, qui devrait être examiné d'ici à la fin de l'année.

256 enquêtes pour soupçons de violences policières

Au total, 256 enquêtes pour des soupçons de violences policières ont été ouvertes. Quinze d'entre elles concernent la gendarmerie, dont 5 à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Les 241 restantes sont du ressort de la "police des polices" (l'Inspection générale de la police nationale, IGPN), selon le ministère de l'Intérieur. Une soixantaine de ces enquêtes ont été transmises aux parquets concernés.

Près de 11 000 gardes à vue 

Au total, 12 107 personnes ont été interpellées en six mois, dont 10 718 ont été placées en garde à vue, selon l'Intérieur.

Il y a eu, selon les derniers chiffres de la Chancellerie datant de début avril, près de 2 000 condamnations et autant d'affaires classées sans suite. Environ 40% des condamnations prononcées par les tribunaux étaient des peines d'emprisonnement ferme.

200 millions d'euros de dégradations 

Depuis le 17 novembre, le coût des dégradations commises durant ces manifestations s'élève à 200 millions d'euros, selon les chiffres de Bercy donnés fin mars.

Outre les dégradations, le mouvement a aussi eu un impact économique en forçant au chômage partiel 73 500 personnes travaillant dans 5 100 entreprises, ce qui représente un coût de près de 40 millions d'euros pour les finances publiques, a indiqué le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

Ce dernier a par ailleurs fourni fin mars des éléments chiffrés sur les pertes de chiffre d'affaires pour le commerce depuis le début du mouvement. "Sur la grande consommation et la distribution, la baisse des ventes a été de 2,7% pour le non alimentaire durant 16 semaines consécutives. Elle a été de 6% les samedis pour l'alimentaire."

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