Manifestation des "stylos rouges" : "Une mobilisation nécessaire" pour évoquer la question des salaires, selon le syndicat Snes-FSU

Des enseignants mobilisés autour du mouvement des \"sytos rouges\" manifestent devant le lycée Henri IV, dans le 5e arrondissement de Paris.
Des enseignants mobilisés autour du mouvement des "sytos rouges" manifestent devant le lycée Henri IV, dans le 5e arrondissement de Paris. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Benoît Teste, secrétaire général adjoint du syndicat Snes-FSU salue samedi sur franceinfo l'initiative des "stylos rouges", qui ont appelé à manifester en dehors de toute mobilisation syndicale.

Alors que des enseignants mobilisés dans le cadre du mouvement dit "des stylos rouges" ont appelé à manifester samedi 2 février après-midi, hors de toute mobilisation syndicale, Benoît Teste, secrétaire général adjoint du syndicat Snes-FSU salue cette initiative, estimant que "dès lors qu'il se dit que les personnels de l'Education nationale sont particulièrement mal payés en France, cela fait partie d'une mobilisation nécessaire."

franceinfo : En tant que représentant du syndicat majoritaire dans le secondaire, comment considérez-vous ce mouvement qui porte les mêmes revendications que vous, mais parti de la base ?

Benoît Teste : Nous regardons ce mouvement avec un certain enthousiasme de voir des collègues qui se mobilisent sur les questions de revalorisation salariale, que nous portons effectivement, et pas du tout avec méfiance. Ça ne se fait pas entièrement hors des radars syndicaux : on sent bien que, sur le terrain, les collègues nous font remonter tout le temps, et avec force, la question de la repolarisation salariale. Dès qu'il y a des groupes de collègues qui souhaitent se mobiliser sur cette question, y compris en nous mettant un peu en question, questionnant nos modalités d'action, pour nous, c'est globalement positif. Dès lors qu'il se dit que les personnels de l'Education nationale sont particulièrement mal payés en France, pour nous, cela fait partie d'une mobilisation nécessaire, et qu'il faut regarder avec bienveillance et enthousiasme.

Allez-vous manifester avec eux cet après-midi ?

Nous soutenons un certain nombre d'initiatives des "stylos rouges", pas la totalité de la plateforme. Il y a des choses qu'on pourrait discuter et revoir, et il y aura évidemment des syndiqués du Snes, de la FSU, d'autres syndicats sans doute aussi, dans les groupes. Il y a, de la part des "stylos rouges", parfois, un côté antisyndical, mais, dans leur immense majorité, c'est plutôt "parasyndical", complémentaire.

Quelles sont les revendications que vous ne soutenez pas ?

Disons que c'est parfois dit à demi-mot ou c'est allusif : cette idée du mérite qui devrait davantage être pris en compte. Les "stylos" ne le mettent pas en avant, mais quand ils parlent d'une remise à plat du protocole PPCR [parcours professionnels, carrières et rémunérations, ndlr], c'est parfois un peu cela que l'on peut entendre derrière. Nous, le mérite, c'est l'idée que l'on revalorise certains pour justifier la stagnation, voire la baisse, de tous les autres. En plus, comment distinguer le mérite pour un enseignant ? Évaluer les gens à la performance supposée, ça induit souvent d'évaluer sur le périphérique du métier. On va valoriser, payer mieux, les enseignants qui vont faire de milliards de projets, et surtout le faire savoir. Et, derrière, l'enseignant qui ne fait "que" son travail normalement, on va le faire stagner et on va justifier la baisse de son salaire.

Le principal problème reste la question du salaire, lié à la méconnaissance de ce métier, souvent dévalorisé selon le collectif.

Les "stylos rouges" le mettent en avant ainsi, en disant que la priorité est de dégeler le point d'indice pour tout le monde. La question du salaire fait remonter toutes les autres questions, les questions de reconnaissance du métier, cette image sociale qu'ont les enseignants et qu'ils ne supportent plus. Quand ils disent "on a un salaire trop faible" et qu'on leur répond "oui mais d'une certaine manière vous l'acceptez parce que vous avez des vacances, pas beaucoup d'heures de cours et ne travaillez finalement pas tant que ça", c'est d'autant plus insupportable en ce moment que les effectifs de classe sont en hausse, que le travail qu'on nous demande est toujours plus important, qu'on a l'impression d'être débordé. Il y a derrière cette question salariale toute la reconnaissance d'un métier.

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