Loi anti-casseurs : l'opposition partagée sur les annonces d'Édouard Philippe

Un manifestant devant un camion de police, le 5 janvier à Paris. 
Un manifestant devant un camion de police, le 5 janvier à Paris.  (BERTRAND GUAY / AFP)

Pour l'opposition de droite comme de gauche la réaction du gouvernement est contre-productive et instaure un climat propice aux violences.

En plein mouvement des "gilets jaunes", le gouvernement veut durcir les sanctions contre les casseurs et les manifestations non déclarées. Lundi 7 janvier, le Premier ministre a annoncé la présence de 80 000 policiers et gendarmes pour "l'acte 9" de la mobilisation samedi prochain. Édouard Philippe souhaite aussi une loi "anti-casseurs" et plus de sanctions pour les organisateurs de manifestations non déclarées. 

Le RN et la France insoumise en désaccord

Pour une partie de l'opposition à droite comme à gauche, la réaction du gouvernement est contre-productive et instaure un climat propice aux violences. Le Rassemblement national ne voit pas en quoi une nouvelle loi est utile explique son porte parole Julien Sanchez : "Le Premier ministre essaye de faire une diversion en essayant de minorer ce que sont les "gilets jaunes", et ensuite ils essayent de diaboliser le mouvement", affirme-t-il. 

Pour La France insoumise aussi, ces mesures sont inutiles. Elles vont même jeter de l'huile sur le feu selon Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis. "Le Premier ministre n'a strictement rien dit sur les violences policières que nous voyons sur les réseaux sociaux. Il y a une dimension assez hallucinante de ce pouvoir qui ne comprend pas ce qu'il se passe et qui est dans une escalade de surenchères de répression. Moi j'ai l'impression d'un canard sans tête", a-t-elle déclarée sur France Inter mardi. 

Le parti Les Républicains plutôt satisfait 

Finalement, seule la droite se satisfait des annonces du Premier ministre. "Nous estimons que cela vont dans le bon sens", a affirmé la députée LR des Hauts-de-Seine Constance Le Grip. "Je le dis d'autant plus volontiers que c'est une proposition de loi portée par le groupe Les Républicains du Sénat". Cette loi a effectivement déjà été votée au Sénat, dominé par Les Républicains. Le texte prévoit la création d'un fichier de personnes interdites de manifestations ou de punir d'un an de prison la dissimulation de son visage lors d'un rassemblement. Le projet de loi arrive à l'Assemblée en février. 

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