Les policiers dotés de LBD auront des caméras-piétons "dans toute la mesure du possible", indique le directeur général de la Police nationale

Un gendarme en civile tient entre ses mains un lanceur de balles de défense, le 13 décembre 2013, en Guadeloupe.
Un gendarme en civile tient entre ses mains un lanceur de balles de défense, le 13 décembre 2013, en Guadeloupe. (ARNAUD BEINAT / MAXPPP)

Dans cette note transmise aux services de police, le directeur général de la Police nationale Éric Morvan n'est pas aussi affirmatif que le ministre de l'Intérieur. Christophe Castaner indiquait, mardi, devant la commission des lois de l'Assemblée, que les forces de sécurité qui utilisent des "LBD" seraient équipées de caméras-piétons dès samedi.

Dès la prochaine manifestation des "gilets jaunes", samedi 26 janvier, "je vous demande de doter, dans toute la mesure du possible, les policiers porteurs du lanceur de balles de défense d’une caméra-piéton", indique Éric Morvan, directeur général de la Police nationale, dans une note transmise aux services de police que franceinfo a pu se procurer, mercredi 23 janvier. Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner assurait mardi, devant la commission des lois de l'Assemblée, que les forces de sécurité qui utilisent des "LBD" seraient équipées de caméras-piétons dès samedi.

"On va chercher les solutions", reconnaît par ailleurs un gradé de la place Beauvau à franceinfo, "mais on n’est clairement pas prêt. Équiper tous les policiers concernés en caméras piétons, ça ne sera pas systématique". C’est ce que semble confirmer cette note de Éric Morvan qui précise que cette utilisation doit se faire "dans la mesure du possible".

Renforcer "les moyens de contextualiser les conditions d'emploi"

"Dans le contexte actuel particulièrement difficile des opérations" menées sur le terrain depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", "il importe de renforcer les moyens de contextualiser les conditions d’emploi du lanceur de balles de défense de calibre 40 mm", poursuit le préfet Éric Morvan. Il explique que l'utilisation de cette caméra-piéton, qui est actionnée d'un clic par le policier pour filmer et enregistrer l’intervention, "constitue à la fois un moyen de restituer a posteriori le contexte du recours à cette arme et de constater les infractions ainsi que de collecter les preuves nécessaires à la poursuite des auteurs qui commettent notamment des violences ou des voies de fait sur les policiers", précise cette note sur les instructions relatives à l’usage de ces armes.

Pour plus d'efficacité, Éric Morvan détaille : "La fixation ventrale de la caméra doit être privilégiée" et "dans la mesure des moyens, la mise en place d’un binôme porteur de caméra/porteur du LBD constitue une alternative efficace." Mais, "en aucun cas, l’absence d’enregistrement ne peut pour autant constituer un motif invalidant le recours au LBD", précise-t-il. Le directeur général de la Police nationale assure connaître "les limites" de l’utilisation de la caméra-piéton et indique que "la possibilité d’équiper le LBD d’une caméra adaptée est actuellement à l’étude, afin de disposer d’une meilleure image de qualité".

La caméra-piéton déjà testée dans l'Ain

Par ailleurs, une expérimentation a été menée dans l’Ain par le patron de la DDSP, Yves Cellier, samedi dernier, lors de la dernière manifestation des "gilets jaunes" à Bourg-en-Bresse. Les fonctionnaires en situation de tirer au LBD étaient tous équipés de caméras qu’ils actionnaient avant chaque phase de tir pour identifier les protagonistes, les cibles et produire si besoin une preuve des violences contre les policiers ou à l’inverse prouver le mauvais usage du LBD.

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