Le syndicat de police Unité SGP Police-FO accuse la hiérarchie de "pousser" les policiers "au burn out"

Daniel Chomette à Echirolles (Auvergne-Rhône-Alpes) en 2012.
Daniel Chomette à Echirolles (Auvergne-Rhône-Alpes) en 2012. (MAXPPP)

Alors que Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, se rend vendredi à l'hôpital des gardiens de la paix, à Paris, déjà 26 policiers et gendarmes ont mis fin à leurs jours depuis le début de l'année.

"On a des membres de la hiérarchie qui mettent une pression et qui poussent nos collègues au burn out", a déclaré vendredi sur franceinfo Daniel Chomette, secrétaire général, délégué du syndicat Unité SGP police FO. Alors que Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, se rend vendredi à l'hôpital des gardiens de la paix, à Paris, déjà 26 policiers et gendarmes ont mis fin à leurs jours depuis le début de l'année.

"Je peux citer deux endroits dans des services différents : le service de la Police aux Frontières (PAF) à Gaillard en Haute-Savoie, ou le commissariat de Périgueux. Des endroits a priori préservés, où le travail des policiers devrait être classique. Là nous avons des situations extrêmes de collègues qui sont au bout du rouleau. C'est gravissime", a-t-il accusé.

La police aujourd'hui est malade. La police vit un drame. 26 suicides depuis le début de l'année, c'est un chiffre record. Sur les 20 dernières années, on n’avait jamais vu ça. Si on continue à ce rythme-là, on sera une centaine de policiers qui auront mis fin à leurs jours avant la fin de l'année. On décime un commissariat complet.Daniel Chometteà franceinfo

Daniel Chomette a tenté de donner des explications à cette vague de suicides : "Les policiers sont confrontés à la mort, à la violence, à la misère. La police a à gérer des personnes plus violentes, un monde plus violent. La hiérarchie, qui est exigeante et qui met une pression absolument énorme, contraint les policiers et ils s'épuisent".

"Une pression absolument énorme"

Autres facteurs, selon le délégué du syndicat Unité SGP police FO, la menace terroriste et les mouvements sociaux : "Les mouvements successifs et les actes terroristes mettent une pression absolument énorme sur les services de police. Le mouvement des 'gilets jaunes' à répétition fait que le policier ne peut plus se ressourcer en famille. On explose. On est en millions d'heures supplémentaires. Le policier passe son temps au travail. Sa vie de famille se dégrade. Il ne voit plus ses enfants. Il n'a plus le temps de ressourcer et on arrive à des burn out à répétition", a-t-il assuré.

Daniel Chomette a préconisé le retour de "l'humain" dans une police qui est, selon lui, au bout du rouleau : "Il faut que la police se révolutionne en interne et qu'on remette l'humain au cœur de la police nationale. On est une machine à produire et à faire face. À des endroits, il y a une gestion des ressources humaines d'un autre temps, complètement inadaptée", a-t-il estimé.

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