"La presse ne doit pas être un bouc émissaire" : une trentaine de sociétés de journalistes dénoncent les violences subies lors de manifestations de "gilets jaunes"

Des journalistes sont pris à partie par des \"gilets jaunes\", le 12 janvier 2019, près de la place de l\'Etoile, à Paris.
Des journalistes sont pris à partie par des "gilets jaunes", le 12 janvier 2019, près de la place de l'Etoile, à Paris. (LAURE BOYER / HANS LUCAS / AFP)

"Aucune défiance vis-à-vis de la profession, quelle qu’elle soit, ne peut justifier les violences de ces dernières semaines", écrivent les signataires.

Plus d'une trentaine de sociétés de journalistes signent, mardi 15 janvier, un communiqué condamnant les violences subies par des reporters lors de manifestations des "gilets jaunes". Les sociétés des journalistes (SDJ) et sociétés des rédacteurs (SDR) de nombreuses rédactions, des associations de journalistes, des syndicats, ainsi que le collectif Informer n'est pas un délit et l'ONG Reporters sans frontières (RSF) "apportent leur soutien à l’ensemble des journalistes et accompagnants qui, ces dernières semaines, ont été agressés ou blessés en couvrant des mobilisations de 'gilets jaunes'".

"Depuis quelques semaines, un peu partout en France, lors des manifestations des 'gilets jaunes', des journalistes sont empêchés d’exercer, insultés, malmenés physiquement, voire blessés, par des manifestants et/ou des policiers", déplore le texte, tandis que "des journaux font face à des intimidations et à des blocages de parution".

"La liberté d'informer est fondamentale"

"Sur les réseaux sociaux, les invectives sont légion à l’encontre des médias. Et la liste des atteintes à la liberté de la presse s’allonge inexorablement. Le simple constat qu’il faille désormais à des journalistes des agents de protection pour espérer rentrer sains et saufs à leur rédaction est inadmissible", s'indignent les signataires, parmi lesquels figurent les représentants des rédactions de France Télévisions et de Radio France. "Non, la presse ne doit pas être un bouc émissaire", insistent-ils.

"Dans un climat de défiance vis-à-vis des médias, la critique est nécessaire. La presse n’est pas exempte de reproches. Et les journalistes sur le terrain sont les premiers à s’interroger au quotidien sur la manière la plus juste et la plus honnête de couvrir l’actualité. Mais aucune défiance vis-à-vis de la profession, quelle qu’elle soit, ni désaccord avec une ligne éditoriale, un titre ou un reportage ne peuvent justifier les violences de ces dernières semaines", poursuit le communiqué.

"Empêcher les journalistes de faire leur travail, c’est empêcher les citoyens d’être informés, c’est tout simplement menacer la démocratie", estiment les signataires, qui "rappellent avec force que la liberté d’informer est fondamentale et indispensable à une démocratie saine".

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