"Je ne suis pas juge" : François Ruffin ne condamne pas les violences de samedi à Paris mais appelle à une "désescalade"

Le député La France insoumise François Ruffin, le 16 octobre 2018.
Le député La France insoumise François Ruffin, le 16 octobre 2018. (IROZ GAIZKA / AFP)

Après les incidents qui ont émaillé les manifestations de "gilets jaunes" à Paris samedi, le député de La France insoumise François Ruffin souligne sur France Bleu Provence qu'il n'a pas pour habitude de condamner, mais que ces faits ne sont pas "ses manières de militants".

Après les violences survenues samedi en marge d'une nouvelle mobilisation des "gilets jaunes", notamment sur les Champs-Élysées à Paris, le député de La France insoumise François Ruffin affirme lundi 18 mars sur France Bleu Provence avoir pour habitude "de ne pas juger". "Je ne suis pas juge. En revanche, ce n'est pas ma manière de militant, parce que ma crainte est qu'on ait un bout du mouvement qui se casse de la masse des Français. Ce n'est pas mon choix", réagit-il.

"Je ne souhaite pas la baston"

"Je voudrais quand même signaler une autre violence, poursuit le député. Depuis le début du mouvement, 1 000 à 2 000 personnes ont été blessées, dont 82 qui l'ont été de manière très grave. On a des éborgnés, des estropiés, des mutilés, poursuit-il. Alors qu'il n'y a pas d'estropié pour l'instant de l'autre côté et tant mieux. [...] Je ne souhaite pas la baston."

"La première chose à faire quand on est président de la République, c'est d'avoir des mots qui viennent calmer les choses, estime François Ruffin. Des mots de compassion, de sympathie et de compréhension, d'abord à l'égard des personnes qui vont se retrouver avec leur vie mutilée. Ils ne vivront plus pareil."

Parmi ces gens-là, il n'y avait pas les casseurs, mais des gens qui passaient simplement.François Ruffinà franceinfo

"Aujourd'hui, je vois qu'on a une violence qui répond à une violence, estime le député. Il y a une escalade de la violence que je ne souhaite pas et je pense que les autorités devraient pratiquer une désescalade de la violence. Notre pays est réprouvé par l'Organisation des Nations unies et le Conseil de l'Europe, rappelle François Ruffin. Et que vient nous dire le président de la République ? Que ça n'a pas d'importance, qu'ils racontent n'importe quoi, qu'on est dans un État de droit. Eh bien non, aujourd'hui, on a de gros soucis aussi de ce côté."

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