"Je n'attends plus rien de l'État" : le populisme dans les cortèges des "gilets jaunes"

Un manifestant \"gilets jaunes\" à Paris, le 23 mars 2019.
Un manifestant "gilets jaunes" à Paris, le 23 mars 2019. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

À deux mois des élections européennes, franceinfo décrypte la montée du populisme en Europe et des partis qui le portent. En France, la voix de celles et ceux déçus de tout, en colère contre le gouvernement, contre la classe politique en général se fait entendre chaque samedi, avec les manifestations de "gilets jaunes".

"Comme Macron nous a tellement promis de choses et en fait, au final, il nous a mis une bonne quenelle", lance Jennifer, 28 ans, dans le cortège des "gilets jaunes", samedi 23 mars à Paris. Le mot revient sur une tunique "Macron, la sens-tu la quenelle ?". D'autres messages indiquent "Stop au tout pour la finance", ou encore "Le roi est nu".

Le mot quenelle est connoté, mais la jeune femme assume : "Oui, je sais, mais je m'en fous." Jennifer est auxiliaire de vie, elle a deux enfants qu'elle élève seule. "Si j'avais su je n'aurais pas fait d'enfants, parce que dans le monde où on vit..." En quoi croit cette jeune femme ? "En rien. Franchement, je suis vraiment totalement perdue en fait."

Un manifestant \"gilets jaunes\" à Paris, le 23 mars 2019.
Un manifestant "gilets jaunes" à Paris, le 23 mars 2019. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

Un ras-le-bol général

"On lâche rien !" lance un manifestant. "On est radicalisés." Marlène, 37 ans, vient du Nord, mère au foyer de quatre enfants. Elle est venue manifester à Paris avec son mari, Gabriel, 47 ans, agent de fabrication à Maubeuge construction automobile. Il gagne entre 1 500 et 1 600 euros par mois.

Marlène et Gabriel, un couple de \"gilets jaunes\" venus du Nord manifester à Paris, le 23 mars 2019.
Marlène et Gabriel, un couple de "gilets jaunes" venus du Nord manifester à Paris, le 23 mars 2019. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

"On ne vit plus on survit", raconte Marlène. "Nous avec un salaire, notre fils voulait être instituteur, on sait très bien qu'on ne va pas pouvoir l'envoyer à l'université faire ses études, ce ne sera pas possible."

L'avenir de nos enfants, il est où ? Moi je n'attends plus rien de l'État.Gabrielà franceinfo

"Je serai prêt à mettre le coup de poing avec Macron s'il faut. Les riches s'en sortent toujours plus riches. Nous, on nous taxe de tous les côtés. L'égalité, on ne l'a plus en France", témoigne Gabriel. À la dernière présidentielle, Gabriel et Marlène ont voté Marine Le Pen, "pour contrer La République en marche".

Mais depuis, ils en sont un peu revenus. "La politique, ça fait longtemps que c'est tous les mêmes", affirme le Nordiste. Même le Rassemblement national ? Oui, Marine Le Pen est finalement "comme tous les autres". Pour Marlène, toute la classe politique est à mettre "dans le même sac".

Qu'en est-il des élections européennes, prévues à la fin du mois de mai ? "Oui, j'irai voter", déclare Gabriel. "Mais franchement, je ne sais pas pour qui encore. Mais surement pas La République en marche. Je suis anti-Europe."

Le reportage franceinfo de Benjamin Illy
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