Incidents sur les Champs-Élysées : les commerçants du quartier vont porter plainte contre l'État pour "non-assistance à commerce en danger"

Un gendarme sur l\'avenue des Champs-Elysées, le 14 juillet 2019.
Un gendarme sur l'avenue des Champs-Elysées, le 14 juillet 2019. (SAMUEL BOIVIN / NURPHOTO)

Les commerçants de l'avenue n'en peuvent plus et projettent de se rassembler en association et de déposer plainte pour "non-assistance à commerce en danger", selon nos confrères de France Bleu Paris.

Après les dégradations commises dans la soirée du dimanche 14 juillet, suite aux festivités du 14 juillet et à la victoire de l'équipe de football algérienne en demi-finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), les commerçants du quartier des Champs-Élysées vont porter plainte contre l'État, rapporte France Bleu Paris.

Ils projettent de se rassembler en association et de déposer plainte pour "non-assistance à commerce en danger". Dimanche soir, plusieurs vitrines de l'avenue Wagram ont été vandalisées. Des vélos, des scooters et des poubelles ont été dégradés et incendiés.

Ras-le-bol, écœurement et inquiétudes

Les commerçants du quartier, fragilisés par plusieurs mois de dégradations en marge des manifestations de gilets jaunes, sont exaspérés. "Ils m'ont fracturé mon rideau, ils m'ont cassé mes vitres, ils m'ont certainement bousillé mon moteur électrique, réagit Philippe Rousselle, devant la vitrine explosée de son bureau de tabac. Il va falloir encore avancer l'argent, se faire rembourser par les assurances, c'est le ras-le-bol." "On est écœurés, poursuit-il. On travaille 15 heures par jour, on se fait braquer, on se fait bousiller nos vitrines. Monsieur Macron, qu'attendez-vous ? Ça fait une trentaine d'années que c'est le bazar, mais là c'est trop."

Thierry, directeur d'un restaurant haut-de-gamme, reconnaît qu'il vient travailler "parce qu'il faut bien", mais sans grande conviction. Les portes vitrées de son établissement ont été brisées jeudi 11 juillet, après les débordements qui ont suivi la qualification de l'Algérie en demi-finale de la CAN. Il prévoit déjà de barricader le restaurant vendredi prochain, le 19 juillet, le jour de la finale de la Coupe d'Afrique des nations. "Sortir du travail, c'est dangereux. Si c'est pour se prendre un mortier dans le visage...", confie Damien, son chef de partie.

Vingt dépôts de bilan depuis novembre

Le malaise des commerçants se traduit aussi économiquement. Depuis le début des manifestations des gilets jaunes, Jeanne d'Hauteserre, maire du VIIIe arrondissement de Paris, compte vingt dépôts de bilan. "Certains n'ont pas les mêmes moyens que les gros groupes. Malheureusement, ça impacte les salariés, puisqu'il y a du chômage", explique-t-elle.

Il faut aussi ajouter à la facture au moins 150 000 euros de travaux pour remettre en état les Champs-Élysées, qui seront à la charge du contribuable. Les feux centraux de l'avenue ont été démolis et n'ont toujours pas été remplacés. Ils coûtent chacun entre 15 et 17 000 euros.

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