Gilets jaunes, un an après : Sabine est toujours dans la précarité, mais elle est "sûre d'être dans le bon mouvement"

Sabine \"gilet jaune\", novembre 2019.
Sabine "gilet jaune", novembre 2019. (BENJAMIN ILLY / FRANCE-INFO)

Après une année de manifestations hebdomadaires, franceinfo a retrouvé les premiers "gilets jaunes". 

C'était le 17 novembre 2018. Les "gilets jaunes" manifestaient pour la première fois. Parmi eux ce jour-là, il y avait Sabine. Originaire de Villeneuve d'Ascq près de Lille, elle s'est mobilisée dès le début. Franceinfo l'avait rencontrée lors de la manifestation interdite du 24 novembre sur les Champs Elysées. Un an après, Sabine a gardé le gilet et  elle est encore plus déterminée.

À bientôt 56 ans, sa situation a peu changé en une année. Elle est secrétaire médicale "toujours en intérim, toujours en CDD et en précarité. En fait, je ne fais que ça. Je suis toujours entre 800 et 900 euros par mois," déplore-t-elleDans ses mains, un porte-clef aux couleurs des "gilets jaunes". "Il ne me quitte jamais."

"Je suis plus sûre de moi qu'au début du mouvement"

Autour d'un hachis parmentier, elle se souvient de cette phrase qu'elle avait alors lancé au micro de franceinfo. "Aujourd'hui on a faim, on a faim d'emploi, de perspectives, on a faim d'avenir et de confiance". Un an après elle dit avoir "plus confiance" en elle. "Je suis plus sûre de moi qu'au début du mouvement des 'gilets jaunes' où je ne savais pas où j'allais, raconte Sabine près d'un an après le début du mouvement. Je savais que je souhaitais travailler, avoir moins de précarité. Aujourd'hui, ce n'est toujours pas acquis. Mais par contre, je suis sûre que je suis dans le bon mouvement", poursuit-elle au micro de franceinfo. 

Sabine, en novembre 2019. 
Sabine, en novembre 2019.  (BENJAMIN ILLY / FRANCE-INFO)

Un néo-militantisme qu'elle définit par une "envie de savoir ce qui se passe dans le monde". Sabine raconte d'ailleurs avoir mené des actions avec ANV-COP21 ou encore le mouvement Extinction Rébellion qui luttent contre le réchauffement climatique. "J'ai passé deux jours à Châtelet [lors de l'occupation de la place, à Paris]. Et il y a eu aussi les décrochages des portraits [du président]" énumère-t-elle. Autant d'actions auxquelles Sabine a participé alors que le 24 novembre 2018, elle participait à sa première manifestation et expérimentait aussi les premiers gaz lacrymogènes. 

Ma relation avec les forces de l'ordre a totalement changé. Avant, les forces de l'ordre je pouvais les respecter, les admirer. Sabine, gilet jauneà franceinfo

"Un an après, on a tellement subi de la part des forces de l'ordre, je n'ai plus confiance en eux, raconte Sabine. Je dirai que je ne les respecte plus et ils ne me font plus peur, et ça c'est très dangereux. Et j'ose même dire 'révolution' aujourd'hui", confie-t-elle. 

Le reportage de Benjamin Illy.
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