"Gilets jaunes" sur les Champs-Elysées : Sébastien Chenu juge "indignes" et "minables" les accusations de Christophe Castaner visant Marine Le Pen

Sébastien Chenu, invité du 19h20 poltique de franceinfo, lundi 12 novembre. 
Sébastien Chenu, invité du 19h20 poltique de franceinfo, lundi 12 novembre.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Après les violences sur les Champs-Elysées en marge de la manifestation des "gilets jaunes", le porte-parole du Rassemblement national, Sébastien Chenu juge les accusations du ministre de l'Intérieur envers Marine Le Pen "indignes" et "minables".

Invité dimanche 25 novembre sur franceinfo, Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national (ex-FN) est revenu sur la polémique concernant les incidents survenus samedi sur les Champs-Elysées en marge de la mobilisation des "gilets jaunes". Le député du Nord a défendu Marine Le Pen, accusée par Christophe Castaner d'être à l'origine de la présence de "séditieux" au sein de la manifestation. Des accusations "indignes" et "minables", a réagi sur franceinfo Sébastien Chenu qui demande "un moratoire" sur les hausses de carburants "actuelles et à venir".

franceinfo : Comment réagissez-vous à ces accusations contre Marine Le Pen ?

C’est à se demander si Christophe Castaner pense que tout cela est sérieux. Est-ce qu’il considère que ses propres paroles sont à la hauteur du ministère qu’il occupe ? Franchement c’est indigne, c’est minable, c’est à l’image de son incompétence chaque jour de plus en plus immense. Franchement, que ce gouvernement s’occupe des Français et arrête d’allumer des contre-feux politiciens qui le couvrent de ridicule alors qu’il n’est absolument pas capable de régler cette crise, même de la gérer. Je crois que monsieur Castaner nous démontre qu’il est à la fois incompétent, peureux et cynique.

Marine Le Pen, la veille du rassemblement, avait bien évoqué les Champs-Elysées en se demandant ce qui peut justifier "que le peuple français ne puisse pas manifester sur les Champs-Elysées" ?

Exactement, et on peut encore se poser la question. Qu’est-ce qui justifiait qu’on ne permette pas aux "gilets jaunes" de descendre pacifiquement les Champs-Elysées, alors qu’on autorise le Nouvel An avec plus d’un million de Français ou la célébration de la Coupe du monde avec plus d’un million de Français sur cette avenue. Qu’est-ce qui justifiait le fait qu’on puisse empêcher des Françaises et des Français, qui sont pacifiques et qui - pour beaucoup d’entre eux - sont des gens qui n’ont jamais défilé ou manifesté de leur vie, de descendre cette avenue ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire de vouloir aller les refourguer sur le Champ-de-Mars ou sur des espaces visant à les ridiculiser tellement ces espaces sont grands pour bien démontrer qu’en réalité ils n’étaient pas si nombreux que cela. Cette vocation d’un certain nombre de politiques de vouloir minimiser, décrédibiliser, diaboliser les "gilets jaunes" est en train de se retourner contre eux.

Vous réfutez l’argument du gouvernement qui vous accuse, vous, le Rassemblement national, de souffler sur les braises ?

Mais ça veut dire quoi ? Quand j’entends aussi ces termes repris par tout le monde 'd’ultradroite', mais qu’est-ce que c’est que 'l’ultra droite' ? Qu’est-ce que c’est ? On a vu hier les insignes des anarchistes. On a vu les images des Blacks Blocks en fin de cortège, des casseurs venus probablement de certaines banlieues, de certaines cités, venir essayer de piller un certain nombre de magasins et qui n’ont aucun rapport avec les "gilets jaunes". Qu’est-ce que c’est de vouloir faire porter la responsabilité sur de supposés gens de l’ultradroite ? On ne sait même pas ce que c’est que l’ultradroite. Demain ce sera l’extrême ultradroite ? Arrêtons de tout mélanger. Il y a des "gilets jaunes", des hommes et des femmes qui se sont mobilisés dans ce pays. Il y a des casseurs qui ont infiltré évidemment ces manifestations, en particulier en fin de cortège. Le gouvernement savait qu’il y allait avoir ces manifestations et il est incapable de gérer cette crise, incapable de gérer les manifestations, que ce soit ici ou ailleurs en France. Bref, il essaye d’allumer des contre-feux pour masquer son incompétence la plus totale sur ce sujet qui mobilise depuis une semaine les Français. Et que répond le gouvernement ? Rien.

Ces violences peuvent-elles décrédibiliser le mouvement des "gilets jaunes" ? C'est ce qui semble d’ailleurs être la stratégie du gouvernement ? 

Je pense que si le gouvernement choisit cette stratégie, il est dans l’erreur. Ceci va se retourner contre lui s'il s’agit de dire que les "gilets jaunes" sont moins nombreux, sont violents, sont des casseurs. Mais surtout, ceci ne règle en rien le problème. Je pense que le président de la République devrait déjà atterrir. C’est-à-dire qu’il devrait déjà se rendre compte que 77% de la population soutient les "gilets jaunes". Il y a donc dans ce pays un souci de pouvoir d’achat. La première des choses à faire, c’est annoncer un moratoire sur les hausses de carburants actuelles et à venir car le gouvernement compte maintenir les hausses à venir. Ensuite, il faut se poser la question réelle du pouvoir d’achat des Français. Le gouvernement a fait la poche des Français avec un certain nombre de dispositifs. Il compte, demain, mettre en place la carte grise pour les vélos, les péages urbains, laisser les péages autoroutiers, maintenir des hausses. Je pense que sur tous ces sujets-là, le gouvernement doit être en capacité de dire "stop". C’est la seule façon qui démontrera qu’il porte un peu de considération au pouvoir d’achat des Français.

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