"Gilets jaunes" : quatorze manifestants blessés par la police portent plainte à Toulouse

Des \"gilets jaunes\" manifestent lors du quinzième samedi de mobilisation du mouvement, le 23 février 2019 à Toulouse (Haute-Garonne). 
Des "gilets jaunes" manifestent lors du quinzième samedi de mobilisation du mouvement, le 23 février 2019 à Toulouse (Haute-Garonne).  (ALAIN PITTON / NURPHOTO / AFP)

Plusieurs des plaignants ont eu le crâne fracturé, la mâchoire et des dents cassées, ou ont perdu un œil lors de manifestations. 

Elles entendent dénoncer les violences policières. Quatorze personnes, blessées lors de manifestations des "gilets jaunes" à Toulouse (Haute-Garonne), ont porté plainte auprès du parquet de la ville, lundi 25 février, et lancé un "appel des blessé.e.s de Toulouse" avec d'autres signataires.

Au total, 31 personnes blessées dans la Ville rose ont signé leur appel. "Le mouvement des 'gilets jaunes' a donné lieu à une répression policière et judiciaire sans précédent", a dénoncé Claire Dujardin, l'avocate de nombreux blessés, au cours d'une conférence de presse, lundi. 

Une dizaine de blessés étaient présents pour témoigner de leur cas et dénoncer des violences policières "arbitraires" et "abusives". Certains ont eu le crâne fracturé ou ont perdu un œil, d'autres ont eu la mâchoire ou des dents cassées. 

"Je me suis réveillé dans une mare de sang"

Benoît, artisan ébéniste de 29 ans, a raconté avoir été plongé plusieurs jours dans le coma, après avoir été victime d'un tir de LBD40 le 1er décembre. Le manifestant a souffert de multiples fractures du crâne et d'un œdème au cerveau. Yann, 39 ans, a affirmé avoir été "tabassé à coups de matraque" le 19 janvier, lors d'une manifestation nocturne. "J'ai perdu connaissance et me suis réveillé dans une mare de sang", la mâchoire fracturée et 11 dents cassées, a-t-il assuré. "On a été agressés alors qu'on ne représentait aucune menace, et laissés gisant à terre jusqu'à l'arrivée des secours", s'est-il insurgé. 

Si on est en liberté, c'est qu'on est innocents. On a été tabassés pour rien.Michaël, frappé "à coups de pied et matraqué"lors d'une conférence de presse

"Aucun des blessés n'a été poursuivi ou condamné. Beaucoup d'entre eux n'ont même pas été interpellés, et ceux qui l'ont été ont été rapidement relâchés", a renchéri leur avocate, Claire Dujardin.

Depuis le début du mouvement, le 17 novembre, il y a eu "467 signalements à l'IGPN [Inspection générale de la police nationale], près de 200 personnes blessées à la tête, 21 personnes éborgnées et cinq dont la main été arrachée", a énuméré Claire Dujardin, reprenant les signalements donnés par le journaliste indépendant David Dufresne. Des chiffres officiels antérieurs chiffraient, mi-janvier, à 243 les signalements alors faits auprès de l'IGPN.

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