"Gilets jaunes" : près d'un Français sur deux souhaite désormais l'arrêt du mouvement

Une vingtaine de \"gilets jaunes\" ont bloqué le centre de la Chauvinière, au Mans, le 7 janvier. 
Une vingtaine de "gilets jaunes" ont bloqué le centre de la Chauvinière, au Mans, le 7 janvier.  (RUDDY GUILMIN / FRANCE-BLEU MAINE)

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting, le soutien aux "gilets jaunes" s'essoufle peu à peu, meme si les sympathisants LFI et RN souhaitent la poursuite de la mobilisation. 

Près d'un Français sur deux (48%) souhaite désormais l'arrêt du mouvement des "gilets jaunes". C'est ce que révèle le sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 10 janvier. 

Seul un Français sur deux (52%) souhaite maintenant que le mouvement des "gilets jaunes" se poursuive. Le 22 novembre, soit une semaine après le début de la contestation, les deux tiers des Français (66%) estimaient alors que le mouvement devait se poursuivre. Ils n'étaient déjà plus que 55% la semaine dernière.  

48% des Français souhaitent désormais l\'arrêt du mouvement des \"gilets jaunes\".
48% des Français souhaitent désormais l'arrêt du mouvement des "gilets jaunes". (STEPHANIE BERLU/RADIOFRANCE)

Le soutien s'essouffle

Dans le détail, les deux tiers des Français aux revenus les plus modestes (67%) souhaitent une poursuite du mouvement. À l'inverse, les deux tiers des sondés les plus aisés (62%) souhaitent qu'il se termine.  

Ce clivage s'installe aussi sur l'échiquier politique. Seuls les partis situés aux extrêmes entendent que la mobilisation s'installe dans la durée. Ils sont 78% du côté de La France insoumise (contre 82% le 3 janvier), et 84% pour les sympathisants RN, alors qu'ils étaient 77% la semaine dernière. 

En revanche, les sympathisants de partis dit "de gouvernement" attendent maintenant l'arrêt du mouvement. Pour la première fois, les sympathisants du Parti socialiste se positionnent en défaveur de la poursuite des manifestations. Ils sont plus de la moitié à en souhaiter l'arrêt (55% contre 33% le 3 janvier), tout comme près des deux tiers des sympathisants du parti Les Républicains (62% contre 55% la semaine dernière). Le "ras-le-bol" se renforce encore du côté des Marcheurs : 94% d'entre eux se prononcent pour l'arrêt, soit 5 points de plus qu'il y a une semaine.    

Le gouvernement jugé responsable de la situation 

Selon cette enquête, tous les protagonistes du conflit sont jugés responsables des violences qui ont émaillé les manifestations des "gilets jaunes". Sept Français sur dix (70%) estiment que le gouvernement porte une grande responsabilité dans ces violences. L'opposition n'est pas épargnée par les sondés qui jugent à 63% qu'elle a une part de responsabilité, tout comme les "gilets jaunes" eux-mêmes, responsables pour 63% des personnes interrogées. Le regard des Français est plus partagé sur la responsabilité des forces de l'ordre : 51% d'entre eux leur font porter une part d'implication dans ces violences.  

Pour les sondés proches de La France insoumise ou du Rassemblement national, les violences sont avant tout de la responsabilité du gouvernement. Ils sont 86% à le penser pour les sympathisants de LFI et autant pour le RN. A l'inverse, les sondés proches de LREM pointent les "gilets jaunes" eux-mêmes comme les principaux facteurs des violences, 95% ont ce sentiment. Mais ils ciblent également à 85% les partis d'opposition comme responsables des débordements.    

Les violences divisent les Français 

Autre enseignement de ce sondage, les violences et les dégradations interrogent massivement les Français. 71% d'entre eux estiment en effet que l’on ne peut en aucun cas comprendre les violences. Cette incompréhension est majeure chez les sondés proches de LREM (96%), de LR (86%) ou du PS (81%). Le sentiment est plus mitigé du côté du RN. La tendance est inverse chez les proches des Insoumis. 62% d'entre eux comprennent les violences.    

Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée par internet les 9 et 10 janvier 2019, sur un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 et plus.  

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