"Gilets jaunes" : la famille de la septuagénaire blessée à Nice va porter plainte, le parquet ouvre une enquête

Une femme de 73 ans grièvement blessée lors de la manifestation des \"gilets jaunes\" à Nice, le 23 mars 2019.
Une femme de 73 ans grièvement blessée lors de la manifestation des "gilets jaunes" à Nice, le 23 mars 2019. (ROLAND MACRI / MAXPPP)

Selon l'avocat Arié Alimi, les proches de cette femme de 73 ans vont porter plainte pour "violence volontaire en réunion avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique et sur personne vulnérable". 

La famille de la femme de 73 ans, blessée à Nice samedi, lors d'un rassemblement de "gilets jaunes" va porter plainte va porter plainte pour "violence volontaire en réunion avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique et sur personne vulnérable", a déclaré son avocat, Me Arié Alimi, sur franceinfo dimanche 24 mars.

La septuagénaire est tombée après une charge des forces de l'ordre. Le procureur de Nice confirme à France Bleu Azur qu'une enquête a été ouverte samedi après-midi pour "recherche des causes des blessures subies". Son pronostic vital était à ce moment-là réservé. Les images de vidéosurveillance de la place Garibaldi ont été saisies et "sont de très bonne qualité" dit le procureur. Un médecin légiste est allé s'entretenir samedi soir au chevet de la militante d'Attac à l'hopital Pasteur. 

La septuagénaire est "aujourd’hui dans un état extrêmement grave", dénonce Arié Alimi, avocat et membre de la Ligue des droits de l'Homme, sur franceinfo. Une des filles de la septuagénaire a assuré toutefois à France Bleu Azur que sa mère n'est pas dans le coma, contrairement à ce qu'a avancé ce matin l'avocat. 

"Une charge monstrueuse"

La manifestante blessée "a subi une charge monstrueuse, selon Me Alimi. On le voit sur [des] vidéos alors qu'elles étaient trois personnes âgées sur cette place, et qu'il n'y avait pas de danger particulier pour ces forces de l'ordre".

La septuagénaire "qui était bien là pour manifester" est une "militante d'Attac", a assuré Arié Alimi. Elle souffre, dit-il "d'hématomes sous-duraux". "Ce qui nous inquiète, c'est que le préfet a donné à l'hôpital des instructions extrêmement fermes de ne pas communiquer à l'extérieur, y compris avec la famille qui a beaucoup de mal à obtenir des informations", a précisé l'avocat.

Une manifestante "pacifiste"

"C'est quelqu'un se bat pour la paix", a affirmé, samedi soir, sur France Bleu Azur Delphine, l'une des filles de la manifestante hospitalisée en soins intensifs. "Les 48 heures prochaines seront décisives", a-t-elle ajouté. Delphine décrit sa mère comme "quelqu'un qui se bat pour la paix" et qui "d'ailleurs, brandissait le drapeau de la paix" quand elle a été prise dans la charge de la police. "Je croyais qu'on était dans un pays démocratique, a dénoncé sa fille. Les gens n'étaient pas là pour casser quoi que ce soit, ils étaient juste là pour dire leur mécontentement, et dire qu'ils n'étaient pas d'accord avec ce qu'il se passe actuellement dans la société."

"On n'a pas le droit d'interdire à des gens pacifistes de se réunir et de montrer leur mécontentement", a ajouté Delphine, dénonçant l'attitude des policiers samedi : "Ce sont des hommes comme nous et ils ont peut-être oublié que leur devoir, c'est de protéger le peuple, et certainement pas d'obéir à des ordres d'un 'petit monarque'." Selon elle, "on mélange des personnes pacifistes et des casseurs, ça n'a rien à voir".

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