"Gilets jaunes" : à l'Assemblée, l’opposition réclame des mesures, le gouvernement l’accuse de "récupération"

L\'hémicycle de l\'Assemblée nationale, le 7 novembre 2018.
L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 7 novembre 2018. (THOMAS SAMSON / AFP)

Les députés de l'opposition ont questionné mardi le gouvernement sur le mouvement des "gilets jaunes". Ils souhaitent des mesures pour le pouvoir d'achat des Français, et notamment l'abandon des hausses de taxe sur le diesel.

Le gouvernement veut se montrer inflexible sur la mobilisation des "gilets jaunes". Le président Emmanuel Macron espère convaincre les manifestants de cesser les  blocages grâce au "dialogue". Mais cela ne suffira pas, selon les partis d'opposition, qui continuent de réclamer des mesures pour le pouvoir d'achat des Français, et notamment l'abandon des hausses de taxe sur le diesel. La preuve, mardi 20 novembre, lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, où les députés de tous bords ont interpellé le gouvernement. 

"Bien sûr, samedi, j’étais aux côtés des gilets jaunes", a par exemple déclaré Emmanuelle Ménard, élue dans l'Hérault avec le soutien de l'ex-Front national. "Récupération !", répond le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin en s'adressant au député LR du Calvados, Sébastien Leclerc.

Ce qui vous intéresse n’est pas de résoudre le problème des Français mais de manifestement surfer sur cette colère en expliquant par démagogie les solutions que vous n’avez pas su apporter.Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publicsà l'Assemblée nationale

Le Premier ministre Edouard Philippe répète qu'il n'est pas question de reproduire face aux "gilets jaunes" l'erreur commise face aux "bonnets rouges". Une fois sortie de l'hémicycle, la député socialiste du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, juge cette inflexibilité inquiétante. "On ne fait jamais des réformes d’ampleur contre le peuple, cela ne s’est jamais vu dans aucune démocratie, dit-elle. Il y a une forme d’enfermement du pouvoir, qui, à mon avis, est dangereuse". Marine Le Pen est du même avis, et espère une sanction dans les urnes.

Si le gouvernement ne veut pas entendre, il ne faudra pas qu’il vienne pleurer demain parce que le gouffre gigantesque continue de s’élargir entre le peuple et les élites qui sont censées le représenter.Marine Le Pen, députée et présidente du Rassemblement nationalà franceinfo

Edouard Philippe n'en démord pas : "Nous gagnerons par la cohérence, la constance et la détermination", a-t-il dit aux députés de la majorité.       

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