"Eric Drouet n'a jamais appelé à la violence" : l'avocat du "gilet jaune" répond aux accusations de Christophe Castaner

Eric Drouet, le 26 janvier 2019, à Paris. 
Eric Drouet, le 26 janvier 2019, à Paris.  (MICHEL STOUPAK / AFP)

Le ministre de l'Intérieur souhaite que des poursuites soient engagées contre Eric Drouet après la publication d'un communiqué appelant "au soulèvement". Son avocat réagit auprès de franceinfo.

Eric Drouet va-t-il de nouveau être entendu par la police ? Interrogé par BFMTV, mardi 29 janvier, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a affirmé qu'il allait saisir la justice, réclamant qu'Eric Drouet soit poursuivi pour un communiqué publié par son groupe Facebook, "La France en colère !!!".

Ce texte, appelant au "soulèvement", a été rédigé après la grave blessure à l'œil d'une autre figure des "gilets jaunes", Jérôme Rodrigues, visiblement causée par une grenade de désencerclement lancée par la police. "C'est un appel à l'insurrection, s'est indigné le ministre sur BFMTV. Cette dernière déclaration relève à mon sens de l'infraction pénale." Une accusation que nie Me Khéops Lara, l'avocat d'Eric Drouet. Il a répondu aux questions de franceinfo. 

Franceinfo : Christophe Castaner souhaite qu'Eric Drouet soit poursuivi pour ce communiqué, citant l'article 40 du Code de procédure pénale. Qu'est-ce que cela veut dire concrètement ? 

Khéops Lara : C'est presqu'une plainte. Dans les faits, monsieur Castaner demande à la justice d'enquêter sur les propos tenus dans ce communiqué de la "France en colère !!!". Je tiens d'ailleurs à rappeler qu'il s'agit d'un communiqué collectif des administrateurs du groupe, dont fait partie mon client Eric Drouet. 

Dans un Facebook Live, lundi, Eric Drouet affirme d'ailleurs ne pas être l'auteur de ce texte. Est-ce votre ligne de défense ?

C'est un communiqué qui a été mis en ligne avec son nom. Comme c'est parfois le cas dans les collectifs, les communiqués passent assez vite et ils n'ont pas le temps d'être relus par tout le monde. Mais mon client répondra dessus sans aucun problème. Il attend d'ailleurs très fermement sa convocation devant les services de police. Nous sommes extrêmement sereins car il n'y a aucun appel à la violence dans ce communiqué. 

Christophe Castaner a de son côté dénoncé un "appel à l'insurrection", estimant que cet appel peut être interprété comme une incitation à s'en prendre aux policiers. Que répondez-vous ?

Le mot "insurrection" ne figure pas dans ce communiqué. Les mots sont importants, il faut faire attention. Dans ce document, il appelle à un "soulèvement", mais cela ne constitue à aucun moment un appel à la violence. Il invite au contraire à résister pacifiquement par la grève, par des blocages. Mon client n'a jamais appelé à la violence, ni aujourd'hui, ni avant. 

C'est le monde à l'envers. Quand on voit ce qui est arrivé à Jérôme Rodrigues [blessé à l'œil pendant une manifestation] , on voit bien que ce n'est pas du côté d'Eric Drouet que se trouve la violence. C'est indécent ce que dit le ministre après ce qu'il s'est passé ce week-end. J'ai vu mon client et, si de nouvelles poursuites sont engagées contre lui, nous n'hésiterons pas, de notre côté, à déposer une plainte contre Christophe Castaner pour dénonciation calomnieuse.

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