Emmanuel Macron annoncera mardi des mesures pour rendre la transition écologique "acceptable"

Le président de la République, Emmanuel Macron, le 21 novembre 2018 à l\'Elysée.
Le président de la République, Emmanuel Macron, le 21 novembre 2018 à l'Elysée. (THIBAULT CAMUS / AFP)

En réponse aux gilets jaunes, le chef de l'Etat devrait dévoiler de nouvelles mesures d'aide et annoncer l'ouverture de négociations, y compris, éventuellement, sur les taxes écologiques.

Emmanuel Macron a-t-il décidé de lâcher du lest face aux "gilets jaunes" ? Le chef de l'Etat annoncera mardi un nouveau cap pour rendre "acceptable et démocratique" la transition écologique, a indiqué l'Elysée jeudi 22 novembre.

Devant les membres du Conseil national de la transition écologique (CNTE), composé d'élus, de syndicats, d'ONG et d'associations, le président doit exposer ses choix en matière d'énergie, notamment sur le nucléaire, pour élaborer la future PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie) au premier semestre. Mais, pour répondre aux "gilets jaunes" comme aux propositions de certains syndicats d'ouvrir des négociations sociales, il va aussi "donner le cap sur la transition écologique", notamment en ce qui concerne la place des énergies fossiles, le pouvoir d'achat, le climat, la santé et la souveraineté, explique la présidence.

"Nous avons reçu le message des citoyens. Il nous invite à aller plus loin. Pour qu'elle ne soit pas socialement inacceptable, il faut que la transition écologique, qui est nécessaire, soit juste, équitable et démocratique. Nous devons donc mobiliser tous ceux qui la rendront acceptable, pour ne laisser personne de côté", ont déclaré des conseillers de l'Elysée, sans vouloir dévoiler les annonces de mardi.

"De l'argent, des débats et une méthode"

Concrètement, le président devrait annoncer de nouvelles mesures d'aide, l'ouverture de négociations, y compris éventuellement sur les taxes écologiques, ainsi qu'une méthode, un "pacte social" et des négociations territoriales pour les mettre en œuvre de manière efficace et décentralisée. L'amélioration énergétique des bâtiments et les nouvelles mobilités devraient être particulièrement concernées. L'Etat pourrait aussi aider les collectivités à renforcer la mobilité, encourager ceux qui changent de système de chauffage ou soutenir davantage les énergies renouvelables. "La transition écologique se fera avec les citoyens. Il y aura de l'argent, des débats et une méthode", résume l'Elysée.

Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, détaillera ensuite les mesures annoncées. Le CNTE sera doté de responsabilités nouvelles : il sera chargé de déterminer comment les outils choisis fonctionnent sur le terrain. Pour éviter par exemple, comme c'est parfois le cas, que les concessionnaires ne soient pas informés des primes à l'achat.

"La transition écologique existe désormais dans le débat public. C'est la part la plus positive de la mobilisation des 'gilets jaunes', qui n'est pas contre la transition écologique mais veut qu'elle soit acceptable", estime l'Elysée. Les mesures décidées au terme de cette vaste concertation pourront être intégrées dans la loi sur la mobilité (en février au Parlement) ou dans la PPE.

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