Edouard Philippe appelle à être "totalement déterminé" contre l'antisémitisme

Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 14 février 2019 au Sénat.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 14 février 2019 au Sénat. (DANIEL PIER / NURPHOTO / AFP)

Dans un entretien à "L'Express", le Premier ministre estime que la haine antijuive est "profondément enracinée dans la société française".

Edouard Philippe appelle à être "totalement déterminé" contre l'antisémitisme, dans un entretien à L'Express publié mardi 18 février. "L'antisémitisme est très profondément enraciné dans la société française. On aimerait penser le contraire, mais c'est un fait", affirme le Premier ministre, qui doit participer dans la journée au rassemblement parisien contre l'antisémitisme avec une bonne partie de son gouvernement.

Il faut être totalement déterminé, je dirais presque enragé, dans notre volonté de lutter, avec la conscience claire que ce combat est ancien et qu'il durera longtemps.Edouard Philippeà "L'Express"

Edouard Philippe revient sur les insultes à caractère antisémites proférées par des "gilets jaunes" samedi à l'encontre du philosophe conservateur Alain Finkielkraut. "Il serait faux et absurde de dire que le mouvement des 'gilets jaunes' est antisémite", selon lui. Mais "un certain nombre de garde-fous ou de digues sont tombés".

"Nous avons un problème"

"Des interdits qui créent les conditions d'une vie sociale paisible ont été remis en cause. Et parmi ces éléments, il y a l'antisémitisme. Cela touche aussi le respect des symboles de la République, des journalistes, des élus, comme le respect des églises, des synagogues ou des cimetières...", estime l'ancien maire du Havre.

S'en prendre à Alain Finkielkraut, c'est précisément s'en prendre à un symbole de la République, à l'indispensable figure de l'intellectuel engagé.Edouard Philippe à "L'Express"

Le Premier ministre réplique également à ceux, notamment le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon et son bras droit Alexis Corbière, qui accusent le gouvernement d'"instrumentaliser" l'antisémitisme pour nuire aux "gilets jaunes". "Je sais bien qu'en disant cela je peux énerver beaucoup de gens, qui pensent que le problème n'existe pas, ou qui n'aiment pas qu'on en rappelle l'existence. Mais nous avons un problème" avec l'antisémitisme en France, insiste Edouard Philippe.

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