"Nous avons eu à subir des dégradations et des intrusions sur le site de l'hôpital" : la plainte contre X de la directrice de la Pitié-Salpêtrière

Photo de l\'entrée principale de l\'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, prise le 15 avril 2019.
Photo de l'entrée principale de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, prise le 15 avril 2019. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Une enquête a été ouverte après que plusieurs dizaines de personnes se sont introduites mercredi dans l'enceinte de l'hôpital parisien. Dans un procès-verbal que franceinfo a pu consulter, Marie-Anne Ruder fait état de dégradations.

En marge des manifestations du 1er-Mai, plusieurs dizaines de personnes ont tenté de s'introduire dans le service de réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le parquet de Paris a ouvert une enquête. Franceinfo a pu consulter le procès-verbal de la directrice de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le 13e arrondissement.

>> Manifestations du 1er-Mai à Paris : que s'est-il passé à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière ?

Dans ce document consigné jeudi 2 mai à 14h39, Marie-Anne Ruder déclare au nom de l'AP-HP avoir été victime de dégradations commises en réunion le 1er-Mai, elle dépose plainte contre X et remet quatre vidéos à la police. 

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a qualifié "d'attaque" la tentative d'intrusion. Il a maintenu sa version des faits, jeudi, tandis que plusieurs responsables politiques l'ont accusé d'avoir menti. Des manifestants expliquent qu'ils essayaient d'échapper à des gaz lacrymogènes au moment où ils ont pénétré dans l'enceinte de l'établissement hospitalier.

"Lors de la manifestation du 1er-Mai, dans l'après-midi, entre 16h et 17h, nous avons eu à subir des dégradations et des intrusions sur le site de l'hôpital (...) explique la directrice. À 16h30 sur la caméra, un certain nombre de personnes secouent violemment le portail fermant l'accès du 97 boulevard de l'Hôpital, et forcent celui-ci, qui s'ouvre en grand, entraînant l'entrée d'une centaine de personnes. (...)".

Profitant d'un bref moment d'accalmie, nous avons tenté de refermer le portail mais plusieurs individus se sont physiquement opposés à la fermeture en nous insultant de 'racistes'Extrait du procès-verbal

Selon elle, "des personnels soignants se trouvant au niveau du 1er étage du bâtiment Cordier [où se situe le service de réanimation] ont pu filmer une tentative d'intrusion du service de réanimation et ce, bien avant l'intervention des forces de l'ordre. La porte de secours, protégée par un digicode extérieur, est refermée à temps, de l'intérieur par les soignants."

Selon les témoignages d'un manifestant et d'un soignant recueillis par franceinfo, ainsi que des images de l'incident, les personnes présentes dans l'enceinte de l'hôpital cherchaient visiblement à fuir les heurts.

Quatre vidéos versées au dossier 

Marie-Anne Ruder explique, toujours dans le procès-verbal, que "dans le même temps, au niveau du 83 boulevard de l'Hôpital, des individus font bouger les grilles fermant l'accès véhicules. Des personnes passent en-dessous du portail coulissant, au-dessus de ce même portail, d'autres manifestants arrivent à ouvrir de force le deuxième portail, dégradant la serrure et s'infiltrent dans le site, le portail est refermé en urgence par le personnel de sécurité." 

La directrice de l'hôpital précise alors qu'elle remet à la police "les bandes vidéos des deux caméras couvrant les deux ouvertures ayant eu des intrusions. Il s'agit de la caméra 21, couvrant l'entrée du 97 boulevard de l'Hôpital, et la caméra 13, couvrant l'entrée du 83 boulevard de l'Hôpital". Marie-Anne Ruder a également remis "deux vidéos, l'une montrant la tentative d'intrusion dans le bâtiment réanimation et l'autre vidéo montrant l'entrée des individus par le portail du 97, prise de l'intérieur de l'enceinte".

Elle ajoute qu'"il y a eu également des jets de pierre au niveau de l'entrée au numéro 83, mais personne n'a été touché (...) Il n'y a pas eu de coups ni de menaces. Il n'y a eu aucun blessé lors des faits."

La direction de l'AP-HP a expliqué jeudi, dans un communiqué à l'AFP diffusé après le dépôt de cette plainte, que des "dégradations" ont été constatées mercredi dans le courant de l'après-midi, et durant la nuit précédente, mais que, "à ce stade, aucun lien ne peut être fait entre ces deux constatations et l'intrusion des manifestants". 

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