Dégradations de permanences : "La classe politique a une très grande responsabilité", estime le député LREM Patrick Vignal

Patrick Vignal, député de l\'Hérault, lors des questions au gouvernement en janvier 2017.
Patrick Vignal, député de l'Hérault, lors des questions au gouvernement en janvier 2017. (LEON TANGUY / MAXPPP)

Une quinzaine de permanences de députés La République en marche ont été emmurées ou taguées ces dernières semaines. La dernière en date est celle de Patrick Vignal, député de l'Hérault, dégradée samedi 10 août.

Patrick Vignal, député LREM de l'Hérault dont la permanence a été dégradée samedi 10 août à Montpellier, déplore un "épiphénomène" mais reconnaît toutefois que "la société est très violente". Selon lui, la classe politique a "une très grande responsabilité dans ce qui se passe aujourd'hui". L'élu plaide pour un "vrai statut de l'élu", qui doit être "encore plus sur le terrain".

franceinfo : Votre permanence a été dégradée par des "gilets jaunes" samedi 10 août ?

Patrick Vignal : Une centaine de "gilets jaunes" ont manifesté, et certains, stupides, ont mis de la peinture sur mes façades, sur mes vitres, et ont jeté des œufs. Mais c'est un épiphénomène, je ne veux pas retenir cela. Je veux retenir les 2 000 "gilets jaunes" que j'ai rencontrés, des retraités, des artisans, des commerçants, qui eux ont envie de faire une société plus juste. Ce matin, je ne suis ni désabusé, ni en colère, puisque j'ai des tas de "gilets jaunes" qui me disent "M. Vignal, demain on peut vous aider à nettoyer'" Quand on veut construire avec des gens intelligents, on peut le faire encore.

Vos collègues députés de La République en marche sont-ils inquiets, craignent-ils que leur permanence soit dégradée à leur tour ?

Oui. Il y a eu un renouvellement extraordinaire : 90% des parlementaires ont été renouvelés, de la jeunesse, de la parité. Mais vous savez, c'est très violent la politique. On n'a pas d'ami. On peut être grisé très rapidement par le pouvoir, on a l'impression qu'on détient le pouvoir alors qu'en fait on ne le détient pas, on essaie de l'exercer. La société est très violente, et nous avons, nous la classe politique, une très grande responsabilité dans ce qui se passe aujourd'hui.

Plus de 8 Français sur 10 en ont une bonne opinion des maires selon un sondage Ifop publié ce dimanche dans le JDD, mais un tiers seulement des sondés disent apprécier les parlementaires. Comment l'expliquez-vous ?

Le maire est aimé parce qu'il est dans le quotidien. Un maire, il va transformer une ville, il va faire des crèches, il va redessiner le paysage. Et donc les Français ont l'impression que leurs impôts sont bien utilisés. En ce qui concerne les parlementaires, je crois qu'on aurait beau faire toutes les lois de moralisation, c'est un état d'esprit qu'il faut changer. Je crois qu'il faut un vrai statut de l'élu. Moi j'ai une entreprise, je ne vis pas du fait politique, donc je peux être libre. Il faut qu'on soit encore plus sur le terrain. Il faut redéfinir les règles. Les parlementaires doivent être une semaine à Paris pour légiférer et une semaine en circonscription pour rencontrer les citoyens.

Vous êtes à nouveau en ligne