Climat social : pourquoi tant de violences ?

Le climat social s'est tendu depuis neuf mois avec la crise des "gilets jaunes" mais également d'autres colères, à l'image de celle des urgentistes ou des agriculteurs. Le philosophe Vincent Cespedes décrypte le malaise qui se généralise.

Vincent Cespedes est invité du Soir 3. Philosophe, il vient analyser les racines de la colère qui règne en France depuis plusieurs mois. "C'est facile de dire que ces colères sont indexées sur des problèmes financiers. C'est beaucoup plus profond que ça. On vit une crise de sens, on vit le sacrifice du sens sur l'hôtel de la rentabilité. Cette divinité sordide fait qu'on n'arrive plus à se mettre d'accord sur le récit commun : sur nos institutions, à valider nos forces de l'ordre... Nous sommes dans ce que l'on appelle en philosophie, une dissonance", avance Vincent Cespedes.

Crise de représentation

Une colère qui dégénère donc en violence ? "Quand il n'y a pas de sens, il y a l'émotion qui prime. L'émotion vient suppléer au sens manquant. (…) l'émotion, quand elle est insensée, fait de nous des êtres manipulables", poursuit le philosophe. Et une colère qui se manifeste à l'encontre des forces de l'ordre ? "Les trois quarts des Français ont confiance en leurs forces de l'ordre. Mais elles sont une courroie de transmission entre un peuple qui veut penser, qui veut expier les choses (…) et puis le gouvernement. À travers les forces de l'ordre, c'est le gouvernement et c'est une crise de représentation politique", analyse Vincent Cespedes.

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