Béziers : un "gilet jaune" condamné à deux ans de prison ferme pour des violences contre des gendarmes

Le tribunal de Béziers. 
Le tribunal de Béziers.  (PIERRE SALIBA / MAXPPP)

Un homme de 37 ans a été condamné à deux ans de prison ferme vendredi par le tribunal correctionnel de Béziers. 

Le tribunal correctionnel de Béziers a condamné vendredi 4 janvier un homme de 37 ans à une peine de deux ans de prison ferme pour "violences sur des gendarmes, entrave à la circulation et dégradation d'une voiture de gendarmerie" lors de "l'acte 2 des gilets jaunes", rapporte France Bleu Hérault.

"J'ai suivi, j'aurai dû rester chez moi"

"Je manifestais comme tout le monde, je n'ai pas insulté les militaires que je respecte", a expliqué Cyril, le "gilet jaune", à la barre, déjà connu de la justice. "Je n'ai pas jeté d'extincteurs ni la planche à repasser retrouvée sur place" le 24 novembre dernier. Dans sa déposition il avait pourtant reconnu qu'en voyant les casseurs à Paris, il pensait pouvoir faire pareil. "J'ai suivi. J'aurai dû rester chez moi", regrette-t-il face aux parties civiles, notamment trois des huit gendarmes caillassés.

Une barricade en bois avait été installée au milieu de la la chaussée sur l'A9, au niveau du péage ouest de Béziers, pour bloquer la circulation. Une quinzaine de "gilets jaunes" (sur la centaine de manifestants présents) s'étaient cachés dans les sous-bois à proximité. Pendant plusieurs heures, les gendarmes ont essuyé des jets de pierres, de canettes, de verres. "J'ai de la chance de ne pas avoir été touchée. C'était spectaculaire" a raconté à l'audience Marie, gendarme depuis 10 mois. "On a été chargés à plusieurs reprises. C’était d’une intensité exceptionnelle. Nous étions dans un nuage d’extincteurs" raconte un autre collègue. 

Une condamnation pour l'exemple dénonce son avocat 

L'avocat du prévenu, Josy-Jean Bousquet est lui convaincu que son client est condamné pour l'exemple : "Mon client ne doit pas payer pour tous les autres. Ce dernier est le seul à avoir été interpellé ce soir-là parce qu'il courait moins vite que les autres."

À l'audience, le substitut du procureur de la République avait réclamé 18 mois de prison ferme et le maintien en détention. Finalement, le tribunal correctionnel de Béziers est allé au-delà des réquisitions du parquet, le condamnant à deux ans de prison ferme, avec mandat de dépôt et une privation des droits civiques pendant cinq ans.

Ce père de famille de deux enfants de 12 et 16 ans a déjà été condamné notamment à quatre mois de prison avec sursis pour "destruction de bien en réunion" et à 150 euros d'amende pour "détention de drogue".

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