Belgique, Allemagne, Serbie... Les "gilets jaunes" français font des émules à l'étranger

Des \"gilets jaunes\" néerlandais manifestent à La Haye (Pays-Bas) contre le coût de la vie et l\'augmentation du prix des carburants, le 1er décembre 2018. 
Des "gilets jaunes" néerlandais manifestent à La Haye (Pays-Bas) contre le coût de la vie et l'augmentation du prix des carburants, le 1er décembre 2018.  (NIELS WENSTEDT / AFP)

Le mouvement des "gilets jaunes" contre la hausse du prix des carburants et la perte de pouvoir d'achat dépasse les frontières françaises. 

Le mouvement perdure, malgré l'annonce de l'annulation de la hausse des taxes sur le carburant, mercredi 5 décembre. Sur les réseaux sociaux notamment, des "gilets jaunes" appellent à un "acte 4", samedi, à Paris. L'Elysée craint un mouvement "d'une grande violence", avec "un noyau dur de plusieurs milliers de personnes" qui se rendraient dans la capitale "pour casser et pour tuer". 

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Alors que le mouvement se poursuit en France, il dépasse, depuis près de trois semaines, les frontières de l'Hexagone. De l'Allemagne à la Serbie, en passant par la Belgique et les Pays-Bas, qui sont ces "gilets jaunes" ? 

En Belgique

Des \"gilets jaunes\" belges manifestent contre l\'augmentation du prix des carburants, le 30 novembre 2018, à Bruxelles (Belgique). 
Des "gilets jaunes" belges manifestent contre l'augmentation du prix des carburants, le 30 novembre 2018, à Bruxelles (Belgique).  (ERIC LALMAND / BELGA MAG)

Le mouvement des "gilets jaunes" s'est développé en Belgique dès le début de la mobilisation en France. Vendredi 16 novembre, à la veille des premières manifestations et blocages dans l'Hexagone, des "gilets jaunes" belges ont bloqué certains dépôts de carburant dans la région francophone de Wallonie. 

Leurs revendications sont très similaires à celles du mouvement français. Ces manifestants belges protestent, eux aussi, contre l'augmentation du prix des carburants. D'après RFI, le prix du diesel a connu une hausse de 15% en un an en Belgique. Mais, comme en France, la mobilisation belge dépasse la seule question du coût des carburants. Ces "gilets jaunes" dénoncent tout autant le poids de la fiscalité sur leur pouvoir d'achat et les "mesures d'austérité établies par le gouvernement", relève le journal La Libre Belgique

Alors que le mouvement prenait principalement de l'ampleur en Wallonie, une première manifestation de "gilets jaunes" a eu lieu à Bruxelles, vendredi 30 novembre. Des heurts ont éclaté après que quelque 300 "gilets jaunes" ont défilé dans le calme, a rapporté l'AFP. Des manifestants ont lancé des projectiles, notamment "des boules de billard et des pavés", selon une porte-parole de la police de Bruxelles. Plusieurs voitures de police ont été brûlées, et le journaliste français Rémy Buisine, de Brut, a été arrêté puis relâché. La police a également fait usage de canons à eau afin de disperser les manifestants. Au total, près de 60 personnes ont été interpellées – elles avaient en leur possession des objets tels que des cutters, des bombes lacrymogènes ou des fumigènes. 

Aux Pays-Bas

Des \"gilets jaunes\" néerlandais manifestent contre l\'augmentation du coût des carburants et la baisse de leur pouvoir d\'achat, le 1er décembre 2018, à La Haye (Pays-Bas). 
Des "gilets jaunes" néerlandais manifestent contre l'augmentation du coût des carburants et la baisse de leur pouvoir d'achat, le 1er décembre 2018, à La Haye (Pays-Bas).  (ABDULLAH ASIRAN / ANADOLU AGENCY / AFP)

La mobilisation citoyenne a également fait quelques émules aux Pays-Bas. Selon Le Figaro, environ 120 "gilets jaunes" ont manifesté à La Haye samedi 1er décembre, à l'heure de "l'acte 3" du mouvement en France. Ils se sont rassemblés devant le Parlement néerlandais afin de protester contre la baisse du pouvoir d'achat.

D'après le quotidien, quelque 50 "gilets jaunes" ont également bloqué l'autoroute A2 à Maastricht. La personne à l'origine du blocage a été arrêtée, tout comme trois personnes à La Haye, selon le site d'information NL Times (en anglais)

Une nouvelle manifestation des "gilets jaunes" néerlandais, cette fois à Amsterdam, est prévue samedi, précise le NL Times. Les manifestants devraient se rassembler vers 11h30 pour une action déjà déclarée auprès de la municipalité, selon le site. A La Haye, le mouvement semble prendre de l'ampleur ces derniers jours, note Le Figaro. Sur leur page Facebook, ils étaient environ 12 000 membres ce lundi, contre seulement 2 000 la semaine dernière.

En Allemagne

Outre-Rhin, des "gilets jaunes" ont porté d'autres revendications, samedi 1er décembre. Comme le rapporte Le Monde, trois mouvements d'extrême droite ont lancé un "rassemblement en gilets jaunes" ce jour-là devant la porte de Brandebourg, en plein centre de Berlin. Les trois organisations à l'origine de la manifestation sont Pegida, qui lutte "contre l'islamisation de l'occident", le collectif contre l'immigration Zukunft Heimat ("Avenir patrie") et le groupe d'opposition à Angela Merkel Merkel-muss-weg-Mittwoch, précise le quotidien. Quelque 1 000 "gilets jaunes" ont ainsi manifesté dans la capitale allemande samedi. Un rassemblement similaire a eu lieu à Munich. 

Des membres de mouvements d\'extrême droite manifestent avec des \"gilets jaunes\", le 1er décembre 2018, à Munich (Allemagne). 
Des membres de mouvements d'extrême droite manifestent avec des "gilets jaunes", le 1er décembre 2018, à Munich (Allemagne).  (ALEXANDER POHL / NURPHOTO / AFP)

La principale raison de leur mobilisation ? Non pas l'augmentation du prix des carburants, ou encore la perte de pouvoir d'achat, mais le pacte de Marrakech "pour des migrations sûres, ordonnées et régulières". Ce texte non-contraignant, également dénoncé par l'extrême droite française, avait été approuvé 24 heures plus tôt par l'Assemblée allemande, relate Le Monde

"Notre combat rejoint celui des 'gilets jaunes' français", a expliqué l'un des manifestants au journal. "Ici, nous voulons nous débarrasser de Merkel. En France, ils veulent que Macron démissionne, mais au fond, notre objectif est le même : redonner le pouvoir aux peuples européens, en finir avec ces politiques inconséquentes qui donnent tous les droits aux étrangers alors que les Européens de souche, eux, sont traités comme des citoyens de seconde zone", a-t-il affirmé. Selon Le Monde, ces "gilets jaunes" allemands ont aussi dénoncé le poids de la fiscalité et la perte de pouvoir d'achat pendant leur rassemblement. 

En Bulgarie

Des Bulgares manifestent contre la hausse du prix des carburants, le 18 novembre 2018, à Sofia (Bulgarie). 
Des Bulgares manifestent contre la hausse du prix des carburants, le 18 novembre 2018, à Sofia (Bulgarie).  (DIMITAR DILKOFF / AFP)

Plusieurs milliers de Bulgares, parmi lesquels des "gilets jaunes", ont bloqué des grands axes routiers ainsi que des postes-frontières entre la Bulgarie, la Turquie et la Grèce, dimanche 18 novembre, au lendemain de la première journée de mobilisation nationale des "gilets jaunes" en France. Comme dans l'Hexagone, ils protestent depuis le mois de novembre contre l'augmentation du prix des carburants, relève Ouest-France

Dans la capitale, Sofia, des dizaines de manifestants – certains également en gilets jaunes – ont bloqué des boulevards, en criant des slogans tels que "mafia !" et "démission !", précise le journal. Des centaines de manifestants se sont également réunis le 29 novembre dans la même ville, note Le Figaro

En Serbie 

Scène surprenante, mardi, en Serbie. Un député de l'opposition, Bosko Obradovic, a revêtu ce jour-là un gilet jaune en plein parlement, afin de dénoncer le coût de l'essence dans le pays. "Nous voulons des prix normaux de l'essence, ou vous aurez des 'gilets jaunes' dans les rues de Belgrade et de Serbie", a alerté Bosko Obradovic, le leader de la formation de droite nationaliste Dveri. Ce dernier a appelé à un rassemblement à Belgrade, samedi, rapporte le Courrier des Balkans.

L'élu a déclaré qu'Emmanuel Macron négociait avec les "gilets jaunes", pendant que "le pouvoir (serbe) n'a pas voulu parler à ses citoyens qui avaient pacifiquement exprimé leur mécontentement en raison des prix de l'essence". Un mouvement de protestation contre la hausse du prix de l'essence avait en effet émergé au mois de juin dans plusieurs villes serbes. Plusieurs routes avaient alors été bloquées. 

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