55% des Français souhaitent l'arrêt du mouvement des "gilets jaunes", la popularité d'Emmanuel Macron remonte

Des \"gilets jaunes\" sur l\'autoroute A36 à Belfort. 
Des "gilets jaunes" sur l'autoroute A36 à Belfort.  (MÉLANIE KUSZELEWICZ / FRANCE-BLEU BELFORT-MONTBÉLIARD)

Selon un sondage Odoxa Dentsu-Consulting, une majorité de Français rejettent les manifestations hebdomadaires des "gilets jaunes" et l'image du président de la République s'améliore. 

Une majorité de Français demande désormais l’arrêt du mouvement des "gilets jaunes", d'après un sondage Odoxa Dentsu-Consulting réalisé pour France Inter, l’Express et la presse régionale publié lundi 25 février. Selon l'étude, 55% des personnes interrogées souhaitent la fin du mouvement, alors que 66% des Français souhaitaient sa poursuite fin novembre et ils étaient encore 55% en janvier dernier à vouloir voir les "gilets jaunes" dans la rue. 

Ce chiffre n'est pas une surprise car le soutien se délitait lentement. Le rejet est sans doute lié à la dégradation de l'image des "gilets jaunes". La lassitude, voire l’agacement touche désormais de très nombreux Français aisés (72%), de cadres (69%) et de personnes habitant en zones urbaines et notamment à Paris (60%) alors que ces derniers étaient tous majoritairement favorables à sa poursuite au début du mouvement.

Les extrêmes restent favorables au mouvement 

Ceux qui continuent de soutenir les "gilets jaunes" sont très "typés" d’un point de vue politique comme d’un point de vue sociologique. Politiquement, seuls les sympathisants des partis d’extrême-gauche et d’extrême-droite, Insoumis(74%) et RN (67%), veulent une poursuite du mouvement. À l’inverse, les sympathisants socialistes (58%) comme ceux de LR (66%) ont rejoint leurs homologues de La République en Marche (92%) et sont désormais une nette majorité à dire "stop" aux gilets jaunes.

Sociologiquement aussi, le mouvement s’est réduit à un socle très étroit des seuls ouvriers (58%) et Français aux plus bas revenus (57%) qui souhaitent sa poursuite alors que les employés et les Français aux revenus moyens – inférieurs, qui soutenaient encore majoritairement la poursuite du mouvement ces dernières semaines, ont fait volte-face et ne le souhaitent plus désormais (respectivement 49% et 53%).

Enfin, dernier coup dur pour les gilets jaunes, même au niveau territorial son socle de soutien rural et périurbain s’étiole : si les Français habitant les grandes villes (58%) veulent l’arrêt du mouvement, ils ne sont pas les seuls. Leurs homologues habitant des petites villes (51%) et des zones rurales (52%) le demandent aussi désormais.

Emmanuel Macron gagne deux points de popularité

Plombé par le mouvement des "gilets jaunes" qui avait fait chuter sa cote de popularité de six points entre octobre et décembre, Emmanuel Macron est presque parvenu à effacer l'ardoise. Le chef de l'État gagne deux points dans l'opinion en février. Désormais, 32% des Français pensent qu'il est un "bon président de la République", soit pratiquement le même niveau qu’en novembre dernier.

En revanche son image continue de dégringoler chez les sympathisants insoumis (-7 points), par contre sa cote de popularité remonte auprès des sympathisants PS (+6 points), et LR (+9 points). Pour Édouard Philippe, la progression est plus timide. Selon le sondage, il gagne un point de popularité en février comme en janvier, pour se situer à 33% de popularité, soit un niveau toujours très inférieur à celui de novembre 2018. 

Le sondage a été effectué sur un échantillon de 1 004 Français représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogés par internet les 20 et 21 février.

Vous êtes à nouveau en ligne