Face à la polémique, Voyages-Sncf renonce à son partenariat avec Airbnb

(L'opération Voyages-SNCF-Airbnb avant l'annonce par la filiale de la SNCF qu'elle était suspendue.)

Le site de réservation de la SNCF annule une opération commune avec les sociétés OuiCar et Airbnb, qui proposait d'offrir un nouveau billet de train à ses clients qui louent leur voiture ou leur appartement via ces sites.

Sous la pression des syndicats hôteliers,Voyages-sncf.com renonce finalement à s'allier avec Airbnb. La filiale de la SNCF, qui gère notamment son site de réservations, l'a annoncé dans un communiqué diffusé ce mardi : "Face à l’incompréhension créée par la promotion ponctuelle de Voyages-sncf.com avec Airbnb, nous avons décidé d'arrêter l'opération en cours". Le voyagiste déclare vouloir "prendre le temps du dialogue avec l’ensemble des professionnels de l’hôtellerie afin d’analyser les conditions dans lesquelles les nouveaux modèles d’économie collaborative peuvent contribuer à la relance du tourisme en France."

Un projet de collaboration qui a mis le feu aux poudres chez les hôteliers

L'idée de voyages-sncf.com se voulait pourtant séduisante: permettre d'économiser de l'argent en gagnant des billets de train gratuits via un principe simple : louer son logement vide pour financer son prochain voyage.

Pour bénéficier de l’offre et obtenir "un aller-retour ou deux allers simples pour n’importe quel trajet en France, en seconde classe" , il suffisait de s’inscrire comme hôte sur Airbnb et de louer son logement pour un montant minimum de 200 euros, et ce avant la fin février 2016. Des clients avaient même déjà reçu un mail de Voyages-SNCF les incitant à présenter leur logement sur la plateforme américaine. Pour Airbnb, il s'agissait de gagner de nouveaux membres et pour la SNCF, de conserver une clientèle qui lui préfère l'économie collaborative vers son site de réservation et ses "classiques" voyages en train.

Présentée comme un "test" de six mois, l'opération commerciale à immédiatement suscité une véritable levée de boucliers chez les syndicats hôteliers, dont Airbnb est la bête noire. D'où la colère de Didier Chenet, président du Synhorca, syndicat indépendant de l'hotellerie et de la restauration: "Airbnb est une société étrangère qui par des artifices légaux ne déclare que 5% de son chiffre d'affaire en France et n'emploie que quelques salariés. Comment une entreprise publique subventionnée par l'Etat telle que la SNCF peut-elle participer à un tel partenariat ?"

Face à cette polémique grandissante, Voyages-sncf.com a dans un premier temps annulé une conférence de presse présentant l'opération, avant de finalement annoncer ce mardi aprés-midi qu'elle renonçait à son projet de partenariat avec Airbnb.

L'interview de Laurent Duc, président de la branche hôtellerie de l'UMIH
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