Défilés "Stop Macron" : La France insoumise veut accompagner le mouvement sans voler la vedette

Jean-Luc Mélenchon (au centre) dans la manifestation des cheminots le 28 mars 2018.
Jean-Luc Mélenchon (au centre) dans la manifestation des cheminots le 28 mars 2018. (MAXPPP)

Une marche "Stop Macron" est prévue samedi à 14 heures à Marseille, le patron de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a prévu d'y participer.

La grogne sociale se poursuit en France. Les cheminots, les retraités, les étudiants, les fonctionnaires font entendre leur mécontentement face à la politique menée par Emmanuel Macron. Une marche "Stop Macron" est prévue samedi 14 avril à 14 heures à Marseille. Une autre marche, à l'appel de syndicats et partis, est prévue à Lille. Dans le même temps, une manifestation d'étudiants est prévue à Nancy, et un autre rassemblement est organisé à Montpellier.

Quelle stratégie pour La France insoumise dans la mobilisation du 14 avril ? Un reportage de Rémi Ink
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Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise, sera présent dans les cortèges avec une obsession : accompagner la mobilisation et éviter toute accusation de récupération politique. Dans une vidéo mise en ligne en début de semaine, l'ex-candidat à la présidentielle veut que les choses soient bien claires : quand il évoque l'organisation du rassemblement de vendredi, il cite d'abord, les syndicats ("CGT, FSU, Solidaires, Unef..." ) puis les partis politiques ("PCF, NPA, FI...").

Ne pas tirer la couverture à soi, pour ne pas revoir de scène, comme celle de Jean-Luc Mélenchon chahuté à la manifestation des cheminots, le 3 avril. "On a tiré aussi un peu l'expérience et le bilan de notre proposition de marche qu'on avait faite le 23 septembre à Paris, confie Hugo Bernalicis, député insoumis du Nord. C'était une belle mobilisation. Mais on avait essuyé un tir de barrage, il faut le dire, de la plupart des autres organisations de gauche - pas toutes parce que Benoît Hamon à l'époque était venu - et puis aussi des syndicalistes."

L'idée, là, c'est à la fois, parfois, d'être moteur et déclencheur, et surtout, tout le temps, d'être derrière le mouvement, d'accompagner le mouvement, d'aider le mouvement à se déployer.Hugo Bernalicis, député La France insoumiseà franceinfo

"Accompagner", cela veut dire ne pas voler la vedette à ceux qui ont organisé les rassemblements, comme les syndicats à Marseille, les cheminots à Paris et les étudiants à Nancy. 

Occuper le terrain médiatique

L'autre objectif est d'occuper le terrain médiatique, de reprendre la main. Le trio Benoît Hamon, Pierre Laurent, Olivier Besancenot a attiré les caméras ? Ce n'est pas la bonne façon de faire pour Manuel Bompard, directeur des campagnes de la France insoumise : "La nécessité que tout le monde travaille ensemble est une réalité, mais cela ne peut pas être uniquement pour aller faire des déplacements à visées médiatiques. La question qui est posée est : comment on permet au citoyen de s'exprimer, au citoyen de s'engager ?"

On ne peut pas simplement en rester à ce qu'on a appelé, nous, 'la gauche selfies', c'est-à-dire de faire de belles photos dans des trains.Manuel Bompard, directeur des campagnes de La France Insoumiseà franceinfo

"Non, la question qui est posée est : comment on permet à des citoyens de se mobiliser, de se mettre dans l'action, de se mettre dans la lutte ?", poursuit-il. La France insoumise veut désormais se remettre sur les rails et avoir le vent social dans les voiles.

Au programme : des rassemblements vendredi donc, puis une manifestation interprofessionnelle le 19 avril, la Fête du travail le 1er mai, "La fête à Macron" organisé par l'insoumis François Ruffin, le 5 mai. Calendrier chargé. La France Insoumise ne veut pas se mettre en avant, mais elle ne sera jamais bien loin.