"Au niveau interprofessionnel, ça ne prend plus" : pourquoi les syndicats peinent à mobiliser les foules

Une manifestation le 1er décembre 2017, à Templemars (Nord).
Une manifestation le 1er décembre 2017, à Templemars (Nord). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Des manifestations sont prévues dans de nombreuses villes, mardi, à l'occasion d'une journée de mobilisation contre la politique du gouvernement. Mais la participation pourrait ne pas battre des records. 

"L'important n'était pas le chiffre, mais de prendre date", martelait Pascal Pavageau, le secrétaire général de Force Ouvrière (FO), à l'issue de la dernière journée interprofessionnelle le 28 juin dernier. Une manière sans doute de relativiser la faible participation : il y avait à peine eu entre 3 000 et 15 000 manifestants à Paris. Pour l'historien du syndicalisme, Stéphane Sirot, c'est le mode de mobilisation choisi qui s'avère tout simplement dépassé. "Les journées d'action ponctuelles sont typiques de l'époque des années 1950, 1960, 1970. Elles ont un effet extrêmement réduit voire quasi nul", affirme ce spécialiste.

Ce premier test social de la rentrée va être décisif pour les syndicats CGT, FO, Solidaires, la FSU et plusieurs organisations de jeunesse. Ils appellent à une journée d'actions interprofessionnelle mardi 9 octobre contre la politique du gouvernement, avec des manifestations organisées partout en France. 

"Au niveau interprofessionnel, ça ne prend plus"

Les difficultés d'Emmanuel Macron rendent pourtant le contexte plus favorable aux syndicats qu'avant l'été, mais leurs revendications paraissent trop disparates : hausse des salaires et du point d'indice pour les fonctionnaires, défense des services publics ou du modèle social notamment. Ce qui n'exclut en rien des conflits localisés cet automne sur les questions de pouvoir d'achat, aux yeux de Stéphane Sirot : "Les revendications autour du salaire, du pouvoir d'achat, ce sont des choses qui se règlent plutôt au niveau des mobilisations d'entreprise, mais il y a toujours une combativité sociale qui existe dans les entreprises. Et en revanche, au niveau interprofessionnel, là ça ne prend plus."

À Paris, le cortège partira à 14 heures de Montparnasse en direction de la place d'Italie. Quant aux retraités, même s'ils dénoncent eux-aussi une perte de pouvoir d'achat, ils ont prévu une journée de mobilisation spécifique le 18 octobre.

Reportage de Raphaël Ebenstein
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