Société Générale: les bonus des traders

Les bonus des traders de la Société Générale pouvaient aller jusqu'à 10 millions d'euros par an ces dernières années

Les bonus des traders de la Société Générale pouvaient aller jusqu'à 10 millions d'euros par an ces dernières annéesLes bonus des traders de la Société Générale pouvaient aller jusqu'à 10 millions d'euros par an ces dernières années C'est ce que révèle lundi le quotidien Libération qui publie la liste des bonus versés par la banque en 2007, au plus haut de la bulle financière, et en 2008, en pleine crise, à une douzaine de salariés d'une salle de marché (traders, analystes, managers, assistants).

Une liste ultra-confidentielle qui révèle d'importants écarts de rémunérations.

Libération explique que "si plusieurs personnes tournent autour du million d'euros, une somme déjà confortable, un chef de desk a touché 10,75 millions d'euros sur la seule année 2007".

"Mais d'un autre côté, une analyste financière ne s'est vu attribuer que 15.000 euros, et une secrétaire 850 euros. Le rapport est donc de 1 à 12.500!", ajoute le quotidien.

Malgré l'affaire Kerviel et la polémique des "subprime", la banque a maintenu en 2008 les bonus, au titre de l'exercice 2007, et certains ont touché 3 millions d'euros, précise encore Libération.

Si la banque est restée bénéficiaire au total en 2007 (947 M EUR), l'activité de banque de financement et d'investissement a perdu 2,2 milliards sur l'année.

Panique puis contre-attaque à la Société Générale


Libération a brisé un tabou en brisant la confidentialité des bonus et plongé de nombreuses acteurs dans l'embarras. Lorsque le journal a voulu recueillir des témoignages à la banque au sujet de ce listing en sa possession, il a déclenché "la panique des traders et de leur hiérarchie", puis un e-mail de menaces de poursuites si les noms des personnes étaient publiées.

Lundi à Londres, le pdg de la Société Générale Frédéric Oudéa s'est refusé à commenter "des rémunérations individuelles". Il a dit souhaiter recruter des talents "pas mercenaires qui veulent s'investir dans le projet à long terme de la banque" et a souligné que les bonus n'étaient pas le seul argument que peuvent faire valoir les banques pour attirer les opérateurs.

Le directeur de la banque de financement et d'investissement, Michel Péretié, a quant à lui rappelé l'utilité du travail des traders, sans lesquels "il n'y a pas de marché".

"Les traders ne spéculent pas, ils sont essentiels pour apporter de la liquidité au marché et pour fixer des prix", a-t-il souligné. Il a salué l'intelligence, la loyauté et l'honnêté de "la très grande majorité d'entre eux".