Société Générale : la démission du PDG en question

(Radio France © France Info)

La responsabilité de Daniel Bouton, "peut être engagée" dans l'affaire des pertes colossales imputées au trader Jérôme Kerviel, a déclaré ce matin la ministre française de la Justice, Rachida Dati, sur notre antenne. Mais le PDG de la Société Générale doit-il présenter sa démission ? Tout le monde n'est pas d'accord...

"Je dis simplement : il est président de la Société Générale, sa responsabilité peut être engagée", a déclaré la Garde des Sceaux sur France Info. "Il faut que toutes les responsabilités soient mises au jour et que tout le monde puisse s'expliquer sur cette affaire de grande ampleur", a insisté la ministre. "L'affaire est extrêmement grave (...), il y a des infractions qui ont été commises", a-t-elle ajouté, justifiant notamment l'appel du parquet contre la remise en liberté sous contrôle judiciaire du trader après son inculpation hier pour "abus de confiance", "faux et usage de faux".

Interrogée sur LCI ce matin, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a rappelé pour sa part que la décision de maintenir ou non Daniel Bouton à la tête de la Société Générale n'était pas de la responsabilité du gouvernement. "Ce sera aux administrateurs de prendre leurs responsabilités à l'aune de deux choses: la situation d'aujourd'hui et le futur d'une institution qui est aujourd'hui une grande banque française qui emploie plus de 120.000 salariés et qui a des millions de clients", a-t-elle dit. La ministre se dit ce soir "pas convaincue qu'il faille changer de capitaine" en pleine tourmente. Le conseil d’administration de la banque se réunit demain.
D'autres ne voient pas comment Daniel Bouton pourrait ne pas démissionner : ainsi François Sauvadet, le président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée, estime qu'il "ne peut décemment pas rester"

Daniel Bouton, 57 ans, à la tête de la banque depuis 1997, a présenté la semaine dernière sa démission au conseil d'administration, qui l'a refusée et lui a demandé de "remettre le groupe sur la voie de la croissance rentable". Il a affirmé que "sa lettre de démission" était "toujours sur la table".Christine Lagarde a par ailleurs indiqué qu'elle remettrait vendredi au Premier ministre François Fillon un rapport sur la "fraude" à la Société Générale, devant notamment établir "la chronologie des faits", les raisons pour lesquelles les procédures de contrôle n'ont "pas fonctionné" et vérifier que la banque s'est "conformée à la réglementation bancaire et boursière".

Caroline Caldier avec agences