Sarkozy et Merkel sont de nouveau contraints de jouer les artificiers pour désamorcer la bombe Papandréou.

Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et George Papandréou, le 4 février dernier, à Bruxelles.
Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et George Papandréou, le 4 février dernier, à Bruxelles. (JOHN THYS / AFP)

Le Premier ministre grec a jeté une bombe au coeur de la zone euro en proposant un au peuple grec sur le plan de sauvetage de la Grèce proposé par les dirigeants européens. Ce mercredi, Sarkozy et Merkel le prieront de s'expliquer sur sa décision.

Le Premier ministre grec a jeté une bombe au coeur de la zone euro en proposant un au peuple grec sur le plan de sauvetage de la Grèce proposé par les dirigeants européens. Ce mercredi, Sarkozy et Merkel le prieront de s'expliquer sur sa décision.

Les dirigeants français et allemand s'efforceront surtout de limiter les effets dévastateurs d'une décision unilatérale qui a semé la consternation en Europe et enflammé les marchés financiers, alors que la question d'une sortie de la Grèce de l'euro n'est plus taboue. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel accorderont d'abord leurs violons avec les dirigeants des institutions européennes et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, lors d'une première réunion, à 17h30. Puis ils se retrouveront à 20h30 avec George Papandréou et son ministre des Finances, Evangelos Venizelos, après une rencontre bilatérale entre Nicolas Sarkozy et son homologue chinois, Hu Jintao.

"Les Grecs doivent dire vite et sans ambiguïté s'ils choisissent ou non de conserver leur place dans la zone euro", a ainsi déclaré mercredi le Premier ministre français, François Fillon, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

Une feuille de route en 3 points

Selon des sources gouvernementales françaises, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel pourraient proposer à George Papandréou une feuille de route en trois points : obtenir de son Parlement un vote positif sur le plan européen et ses contreparties, fixer la date la plus proche possible pour le référendum et choisir une question qui mettent les Grecs face à leurs responsabilités.

Un vote positif du Parlement grec vaudrait engagement à respecter les contreparties demandées à la Grèce en matière de réformes économiques et financières, en échange de la solidarité des autres pays de l'euro, fait-on valoir à Paris. Ce serait "un élément extrêmement apaisant, à la fois pour les autres Etats membres et pour les marchés", a dit à Reuters le ministre français des Affaires européennes, Jean Leonetti.

Bruno Le Maire : "une boîte de Pandore" dangereuse

S'il paraît difficile à ce stade de contraindre George Papandréou à renoncer à son projet de consultation populaire, les partenaires de la Grèce jugent impossible d'attendre le début de l'année prochaine. "Le Premier ministre grec a ouvert une boîte de Pandore qui est dangereuse pour son peuple, dangereuse pour la Grèce et dangereuse pour la zone euro", a ainsi déclaré sur France 2 le ministre français de l'Agriculture.

La France souhaite que le référendum, si référendum il y a, ait lieu au plus vite, si possible avant l'échéance du prochain versement de l'aide européenne à la Grèce à la mi-décembre, a confirmé à Reuters Jean Leonetti.

Les Grecs veulent-ils rester dans la zone euro ?

Pour les dirigeants français, la question qui sera alors posée aux Grecs ne peut en aucun cas porter sur un accord conclu à 17 et qui impose des sacrifices à toutes les parties. Selon des sources gouvernementales françaises, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel devrait d'ailleurs rappeler à cet égard à George Papandréou ses engagements et lui signifier qu'ils sont indissociables de l'aide européenne.

Pour les dirigeants français, la seule question qui vaille désormais d'être posée aux Grecs par référendum, est, comme l'ont souligné avec insistance François Fillon, Jean Leonetti ou Bruno Le Maire : "Voulez-vous ou non rester dans la zone euro ?"

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