Réforme des retraites : l'Assemblée rejette la demande de référendum soumise par la gauche lors d'une première journée de débats agitée

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, devant le ministre de la Santé et des Solidarités Olivier Veran, lundi 17 février 2020 à l\'Assemblée nationale.
Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, devant le ministre de la Santé et des Solidarités Olivier Veran, lundi 17 février 2020 à l'Assemblée nationale. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Cette "motion référendaire" a été rejetée par 160 voix contre 70.

Sans surprise, c'est non. L'Assemblée nationale a rejeté lundi 17 février, au premier jour de la bataille sur les retraites dans l'hémicycle, la demande de référendum initiée par les communistes. Cette "motion référendaire", défendue par l'ensemble de l'opposition de gauche, a été rejetée par 160 voix contre 70.

Les communistes avaient réuni soixante signataires – des députés PS, LFI, des élus Libertés et Territoires et même Xavier Breton (LR) –, au-delà du quota nécessaire (58 au minimum) pour présenter dans l'hémicycle cette demande de référendum.

Cette motion, la première depuis 2008, "c'est un acte rare, un acte fort", a souligné le chef de file du groupe communiste, André Chassaigne : "Soixante signataires de différentes sensibilités politiques pensent que le peuple doit avoir la parole sur ce projet de loi".

Appels au "peuple" contre "artifice de procédure"

"Bien sûr qu'on le veut ce référendum, qu'on veut voir et savoir si les Français avalent vos bobards", a lancé l'"insoumis" François Ruffin à la majorité. Pour le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, il faut que "le peuple puisse trancher", sauf si le gouvernement s'engageait à ne pas utiliser le 49.3, arme de la Constitution pour faire adopter un texte sans vote.

Le groupe LR n'a pas pris part au vote mais quatre de ses membres se sont cependant prononcés pour cette demande de référendum. La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, qui a voté en faveur de la motion, a regretté "que cette réforme ne passe pas par la validation des Français" et que le débat ait lieu "dans une Assemblée dont nous savons pertinemment qu'elle ne représente pas l'avis des Français aujourd'hui".

Le secrétaire d'Etat chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski, a aussitôt critiqué cette motion, "artifice de procédure" et "manœuvre dilatoire" pour "empêcher la grande majorité de l'Assemblée nationale" de "faire ce pour quoi elle a été élue". "Pourquoi un seul référendum, pourquoi pas 41 000 référendums pour chacun de vos amendements ?", a ironisé le député LREM Jean-René Cazeneuve.

Si cette motion avait été adoptée par les deux chambres, Assemblée et Sénat, il ne s'agissait toutefois que d'une proposition de référendum faite au président de la République, libre ensuite de décider.

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