Réforme des retraites : pour Force ouvrière, le gouvernement a "décrédibilisé" et "court-circuité" le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye

Philippe Pihet, secrétaire confédéral du syndicat Force ouvrière (FO), chargé des retraites, le 3 avril 2019.
Philippe Pihet, secrétaire confédéral du syndicat Force ouvrière (FO), chargé des retraites, le 3 avril 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Philippe Pihet, secrétaire confédéral FO en charge des retraites, a expliqué, mercredi sur franceinfo, que le gouvernement a débordé le haut-commissaire, en décrédibilisant la méthode qu’il avait imposée dans le cadre de la concertation pour la réforme des retraites.

"On se retrouve aujourd’hui face à quelqu'un à qui le gouvernement a retiré le tapis", a estimé Philippe Pihet, mercredi 3 avril sur franceinfo. Le secrétaire confédéral du syndicat Force ouvrière (FO), chargé des retraites, juge ainsi la position de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire qui mène la concertation sur les retraites depuis un an. Face à un gouvernement qui hésite à reculer finalement l'âge légal de départ à la retraite, le haut-commissaire a prévenu qu'il pourrait en "tirer les conséquences". Après la CFDT, FO menace également de quitter la concertation.

Philippe Pihet a le sentiment que Jean-Paul Delevoye "est quand même un homme de convictions, donc ça va être très compliqué pour lui de perdre le crédit qu’il avait acquis auprès des organisations syndicales". Selon le syndicaliste, il "sera aussi très compliqué, sinon de se renier, d’être obligé de changer de pas sans prévenir, sans apporter aucune justification crédible".

Nous avons écrit à M. le Premier ministre au tout début de la semaine, pour demander qu’il communique son projet. Car ce n’est plus de la cacophonie là, c’est organiséPhilippe Pihetà franceinfo

"Le gouvernement veut faire encore une fois une réforme sur les bornes d’âge – ce qu’on appelle une réforme paramétrique, avant éventuellement de lancer la grande réforme dite systémique qui était portée par M. Delevoye. Je dis 'était' parce qu'il ne peut pas y avoir deux réformes, ce n’est pas possible", a expliqué Philippe Pihet, avant d'ajouter que son syndicat, Force Ouvrière, "demande au Premier ministre de prendre ses responsabilités" alors qu'il ne reste que deux séances de concertations.

"On lui demande de nous donner le projet de texte sur lequel il s'appuie pour les déclarations que fait son gouvernement. S’il ne souhaite pas nous le donner, on en tirera les conséquences sur le plan de la concertation. Aller concerter, alors qu'on sait qu'on ne travaille pas sur le bon schéma, ça n'a plus aucun sens", a estimé le secrétaire confédéral FO en charge des retraites.

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