Réforme des retraites : "Nous allons rester sur le calendrier proposé", avertit Édouard Philippe lors des questions au gouvernement du Sénat

Public Sénat

Malgré la demande de la Conférence des présidents du Sénat de lever la procédure accélérée sur le projet de réforme des retraites, le Premier ministre a répété que le gouvernement devra tenir sa promesse de faire adopter le texte avant l’été. Concernant l'affaire Mila, Christophe Castaner a quant à lui rappelé que le délit de blasphème n’existait pas en France et qu’il n’existerait "jamais sous l’autorité de ce gouvernement".

"Est-ce que vous êtes déterminé à maintenir la procédure d’urgence ?" Le président du groupe Union centriste, Hervé Marseille, se tourne vers le Premier ministre, au moment des Questions au gouvernement, ce 29 janvier. La question intervient au lendemain d’une réunion de la Conférence des présidents des Sénat, qui a demandé à la quasi-unanimité la levée de la procédure accélérée sur le projet de loi de réforme des retraites.

Édouard Philippe indique clairement que le gouvernement ne reviendra pas sur le choix de cette procédure, limitant à une lecture devant chaque chambre. Les travaux en commission spéciale se sont d’ailleurs engagés à l’Assemblée nationale ce mercredi. "Nous allons rester sur le calendrier que nous avons proposé et je ne m'en excuse pas."

"À un moment, il faut adopter la loi"

Rappelant régulièrement que le système universel de retraites par points est une promesse présidentielle à honorer, le Premier ministre ajoute que le respect du calendrier est également un engagement, pris pendant son discours de politique générale. "Nous allons tenir le calendrier que nous nous sommes fixé, Monsieur Marseille. Et le calendrier que nous avons fixé, c’est la présentation d’un projet de loi en Conseil des ministres vendredi dernier et l’examen à l’Assemblée nationale puis par le Sénat au cours du premier semestre, de façon à ce que nous puissions espérer […] une adoption du texte avant l’interruption estivale."

Aux bancs du Sénat, qui refusent la perspective d’un débat parlementaire tronqué, Édouard Philippe précise que la procédure accélérée a "toujours été retenue s’agissant de la réforme des retraites", et qu’un "débat complet" sera bien proposé aux parlementaires. "Nous savons bien que le débat peut être intense mais qu’à un moment il faut adopter la loi", insiste-t-il.

Affaire Mila: "Il n’existera jamais sous l’autorité de ce gouvernement de délit de blasphème" assure Christophe Castaner

Interrogé sur l’affaire Mila, cette adolescente menacée de mort après avoir tenu sur les réseaux sociaux, des propos violents contre l’Islam, Christophe Castaner ministre de l’Intérieur a répondu en évoquant "une situation humainement dramatique" : "Nous pensons à cette jeune femme Mila, qui, sur les réseaux sociaux (…) a émis une opinion et a vu un déferlement de haine se liguer contre elle. Il y a deux enquêtes ouvertes (…) la première est liée aux menaces de mort qu’elle a reçues et la seconde pour provocation à la haine raciale (…) Il n’existera jamais sous l’autorité de ce gouvernement de délit de blasphème. La liberté même d’expression dans notre pays permet à chacune et chacun de pouvoir critiquer une religion."

Et d’ajouter : "Il est inacceptable, insupportable même que certains, au nom de l’institution qu’il représente aient pu laisser penser que cela était interdit. Et nous devons lutter pied à pied contre cela."

Mais le ministre de l’Intérieur a rappelé aussi qu’il était du rôle de l’État de protéger chaque religion : "Nous devons aussi protéger toutes les religions et refuser les appels à la haine au nom d’une religion."

Vous êtes à nouveau en ligne