Réforme des retraites : le co-rapporteur du texte Jacques Maire, accusé de "conflit d'intérêts" pour des actions chez Axa, saisit la déontologue de l'Assemblée

Jacques Maire, le 24 février 2020, à l\'Assemblée nationale. 
Jacques Maire, le 24 février 2020, à l'Assemblée nationale.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

La députée LFI Mathilde Panot a interpellé l'élu des Hauts-de-Seine au sujet de ses plus de 300 000 euros d'actions chez l'assureur Axa, qui vend des plans d'épargne-retraite.

Jacques Maire, corapporteur du projet de loi sur la réforme des retraites, est accusé de "conflit d'intérêt" par les députés La France insoumise. Ces derniers lui reprochent de posséder des actions chez l'assureur Axa, une société qui propose notamment des plans d'épargne-retraite. Interrogé par l'AFP, mardi 25 février, il a annoncé saisir la déontologue de l'Assemblée nationale.

La députée insoumise Mathilde Panot a interpellé l'élu LREM à l'Assemblée nationale, lundi. "Avez-vous demandé à la déontologue s'il s'agissait d'un conflit d'intérêts ?", a-t-elle demandé, en référence aux actions qu'il possède chez Axa et qui sont mentionnées dans sa déclaration dans sa déclaration d'intérêt à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Selon cette déclaration, déposée en septembre 2018, ces parts, au nombre de 13 836, sont estimées à 329 573 euros. 

Ancien employé d'Axa

"Je saisis la déontologue, puisqu'il y a de la part de certaines personnes d'un groupe de l'opposition la volonté de créer des difficultés, de créer des questions dans l'opinion publique", a déclaré Jacques Maire à l'AFP. "On a quelqu'un dont c'est le métier, cette déontologue, je la saisis pour ne pas laisser d'ambiguïtés" et "voir s'il y a conflit d'intérêts ou pas". L'élu, dont la carrière a oscillé entre cabinets ministériels et privé a été par le passé employé chez Axa. 

Je suis possesseur d'actions au titre de mon activité passée. J'ai quitté Axa fin 2012. Depuis, je n'ai aucun contact particulier avec l'assurance.Jacques Maireà l'AFP

"Je n'ai pas vendu les actions. Pour moi, c'est un produit d'épargne classique, comme de l'assurance-vie, a-t-il continué. La semaine précédente pourtant, son entourage avait assuré à CheckNews que Jacques Maire avait soldé son portefeuille d'actions.

 Ça a été déclaré à la HATVP, je ne cache rien, c'est public. Je n'ai pas du tout considéré qu'il y avait un quelconque conflit d'intérêts, parce que ce n'est pas un texte sur les produits d'épargne français, c'est un texte sur le régime par répartition."

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