Réforme des retraites : "La colère gronde et monte crescendo" chez les policiers, inquiets d'une remise en cause de leur régime spécifique

Manifestation de policiers à Paris, le 2 octobre 2019.
Manifestation de policiers à Paris, le 2 octobre 2019. (JAN SCHMIDT-WHITLEY/LE PICTORIUM / MAXPPP)

Les policiers vont continuer de se mobiliser, selon le syndicat Alliance police nationale.

Les policiers vont "amplifier les actions partout en France", a affirmé mercredi 11 décembre sur franceinfo Olivier Hourcau, secrétaire général adjoint d'Alliance police nationale. Le syndicaliste assure que des "compagnies de CRS se sont mises en maladie".

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Trois syndicats de policiers ont prévu de se rassembler devant le Conseil économique, social et environnemental, mercredi 11 décembre midi, au moment des annonces du Premier ministre sur la réforme des retraites, pour redire leur attachement à leur régime spécifique de retraite.

franceinfo : Les trois principaux syndicats de policiers font front commun, malgré les garanties apportées par le ministère de l'Intérieur en promettant que la dangerosité de votre métier sera toujours prise en compte : il ne vous a pas convaincus ?

Olivier HourcauAbsolument pas. Il ne nous a pas rassurés ni convaincus. Il nous a adressé une missive la veille d'un mouvement d'ampleur nationale, sans nous garantir le maintien de notre statut spécial. Donc on monte d'un cran, on va amplifier nos actions partout en France.

Aujourd'hui, les policiers bénéficient d'une bonification d'une année tous les cinq ans, en tout cas pour ceux exposés au risque. C'est ce que vous craignez de perdre ?

Oui, les policiers cotisent pour une année de bonification depuis 1957. Cette réforme, c'est la remise en cause de cette bonification, c'est aussi la différenciation entre les policiers. Le gouvernement veut faire la différence entre un policier administratif et un policier qui exerce des missions de voie publique. Cela concerne 2 000 à 3 000 policiers et on est incapables de les rassurer.

Vous faites planer la menace d'un black-out total. Quelle forme cela pourrait prendre ?

On a déjà eu 7 000 policiers dans la rue depuis début octobre sur diverses revendications. On a amplifié avec des blocages des commissariats, toujours dans le respect des lois et avec discernement en prenant les plaintes des victimes de violences. Cette nuit, des collègues ont activé les gyrophares sur Nantes et dans beaucoup de villes de province. J'apprends ce matin qu'énormément de compagnies de CRS se sont mises en maladie, donc la colère gronde et monte crescendo.

Est-ce que ça pourrait aller jusqu'à refuser d'assurer vos missions de maintien de l'ordre, y compris autour des cortèges des futures manifestations ?

Jusqu'à présent, le maintien de l'ordre a été assuré, mais aujourd'hui on parle de la dangerosité, la pénibilité, le métier de policier est atypique. On est policier 24h/24h, les policiers reçoivent des menaces. S'il n'y a plus de CRS, il faudra bien que d'autres assurent le maintien de l'ordre. Je pense à nos collègues gendarmes, eux ont été rassurés sur leur statut [spécial, NDLR] de militaires concernant la retraite, alors que les gendarmes et les policiers font les mêmes missions. Dans certaines villes, il y aurait des missions de sécurité identiques et des traitements différents. C'est inacceptable.

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