Réforme des retraites : l'Assemblée vote un "dispositif de solidarité" pour les petits cabinets d'avocats

Une manifestation d\'avocats contre la réforme des retraites, le 20 février 2020, à Paris. 
Une manifestation d'avocats contre la réforme des retraites, le 20 février 2020, à Paris.  (RICCARDO MILANI / AFP)

La majorité tente de contenir la colère des avocats, mobilisés depuis deux mois contre cette réforme qui fera doubler les cotisations retraite pour les robes noires gagnant moins de 40 000 euros par an.

Une tentative pour calmer la colère des robes noires au dixième jour des virulents débats sur la réforme des retraites. L'Assemblée nationale a voté mercredi 26 février, un "dispositif de solidarité" pour les petits cabinets d'avocats dans le cadre du passage au système "universel".

Juste après avoir adopté l'article 2 du projet de réforme par 97 voix contre 38, les députés ont adopté un amendement du gouvernement. Celui-ci prévoit de "confier à la Caisse nationale des barreaux français (CNBF) la gestion d'un mécanisme de solidarité, permettant de prendre en charge tout ou partie" de la hausse de cotisations "pour les avocats ayant des revenus bas ou médians", a expliqué le secrétaire d'Etat aux Retraites, Laurent Pietraszewski. 

Une mesure "pas à la hauteur"

Disposant d'un régime autonome, les avocats sont mobilisés depuis deux mois contre cette réforme qui fera doubler les cotisations retraite pour les robes noires gagnant moins de 40 000 euros par an. "Cette solidarité sera financée notamment pas les droits de plaidoirie", a-t-il ajouté, disant la volonté du gouvernement de "rassurer" les avocats.

Les oppositions de droite comme de gauche ont jugé que cette mesure n'était "pas à la hauteur". "Rien n'est clair dans cette opération de colmatage", a notamment jugé l'élu Les Républicains Eric Woerth. Les députés LFI, qui ont reçu dans la journée une délégation de manifestants, ont notamment souligné la "colère inédite" des avocats face à une réforme dont le but est de  "leur faire les poches". "On ne peut pas exiger d'une profession qu'elle paye plus pour percevoir moins quand elle se sent déjà dans une grande situation de vulnérabilité", a, de son côté, plaidé le député socialiste Hervé Saulignac.

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