Réforme des retraites : Jean-Paul Delevoye démissionne d'une fonction d'administrateur dans le secteur des assurances qu'il n'avait pas déclarée

Le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, à Matignon, à Paris, le 1er décembre 2019.
Le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, à Matignon, à Paris, le 1er décembre 2019. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Il s'agissait d'une fonction bénévole, mais au sein de l'un des principaux instituts de formation des assureurs. Il ne l'avait pas mentionnée à la Haute autorité pour la transparence de la vie politique (HATVP) au titre des possibles conflits d'intérêts.

C'est un "oubli" dont se serait bien passé le gouvernement, en pleine mobilisation contre la réforme des retraites. Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, n'avait pas déclaré sa fonction d'administrateur au sein de l'Institut de formation de la profession de l'assurance (IFPASS) à la Haute autorité pour la transparence de la vie politique (HATVP), comme a pu le vérifier franceinfo sur le site de la HATVP, confirmant les informations révélées dimanche 8 décembre par Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Jean-Paul Delevoye a finalement annoncé lundi en fin de matinée qu'il démissionnait de sa fonction au sein de l'IFPASS, pour "clore toute polémique". Une démission qui prend effet "immédiatement". Il a précisé que depuis sa nomination en 2017 en tant que haut-commissaire aux retraites, il n'a assisté "qu'à trois conseils d'administration", dont sa dernière participation remonte au 4 décembre 2018.

"J'ai fait une erreur"

Dans la catégorie des fonctions bénévoles susceptibles de faire naître un conflit d'intérêts, Jean-Paul Delevoye a seulement indiqué à la HATVP sa fonction de président de la Chartreuse de Neuville-en-Montreuil (monastère du Pas-de-Calais) et de l'Association française des orchestres. Le haut-commissaire aux Retraites avait certifié sur l'honneur l'exactitude des renseignements indiqués dans sa déclaration à la HATVP en date du 15 novembre 2019, soit un mois et demi après sa nomination au poste de haut-commissaire.

Jean-Paul Delevoye faisait pourtant partie des dirigeants de l'IFPASS depuis le 14 décembre 2016, selon les documents consultables sur les sites societe.com et manageo.fr. Or, le secteur des assurances pourrait ressortir gagnant de la réforme des retraites défendue par le gouvernement. "C'est une omission par oubli, a répondu Jean-Paul Delevoye au Parisien. Je reconnais que ce n'est pas responsable. J'ai fait une erreur."

Un oubli "malheureux"

"C'est gênant", a réagi sur franceinfo Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. "Même bénévole, il conseille, dénonce-t-il. On voit bien qu'il y a un problème, [même si] le problème de fond, c'est la question de la retraites".

"C'est un oubli malheureux", a réagi pour sa part sur franceinfo Laurent Escure, secrétaire général de l’Unsa. "C'est quand même vraiment dommage d'avoir oublié cette petite chose qui n'est pas un détail." Cet oubli fragilise "un peu" le haut-commissaire aux retraites. "On verra ce que lui réservent les prochains jours", selon Laurent Escure.

"Il n'y a aucune rémunération liée à cette fonction d'administrateur", a assuré de son côté sur franceinfo Laurent Saint-Martin, député La République en marche (LREM), membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale. "Dont acte : c'est un oubli qui est regrettable, mais c'est un oubli qui a été reconnu et qui va être réparé tout de suite. [...] Il n'y a quand même pas de problème de conflit d'intérêt, apparemment, donc pas de sujet majeur."

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