Grève : "On est très, très loin d'une pénurie" de carburant, affirme Francis Duseux de l’Union française des industries pétrolières

Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières, le 18 décembre 2019.
Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières, le 18 décembre 2019. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Francis Duseux rappelle que la loi contraint les opérateurs pétroliers "à avoir en stock en permanence trois mois de consommation". "On crée la pénurie, nous-mêmes, consommateurs", en nous ruant sur les stations par peur de manquer.

"On est très, très loin d'une pénurie, j'ai vu des situations beaucoup plus critiques que ça", a assuré mercredi 18 décembre sur franceinfo Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières, alors que plusieurs raffineries ont été bloquées provisoirement pour protester contre la réforme des retraites

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franceinfo : Combien de raffineries sont bloquées ?

Francis Duseux : Toutes les raffineries fonctionnent, mais de temps en temps les gens bloquent pour une période de temps limitée les expéditions par camion, mais ce n'est pas continu. La moitié des raffineries ont toujours continué à envoyer les produits. La situation est telle que nous avions mardi 170 stations-services où il y avait un défaut d'au moins un produit, c'est très peu puisqu'il y en a 11 000. C'est presque la normale puisqu'il y a toujours des aléas. Au niveau des dépôts, on a 200 dépôts en France, mardi il y avait des problèmes sur 4 dépôts seulement. Il y a quelques blocages le matin vers 5 heures, mais ils sont systématiquement débloqués par la police sans violence, sans heurts. Il faut rassurer les auditeurs, on est très loin d'une pénurie.

Si la situation perdure, est-ce qu'il y a un risque de pénurie pendant les fêtes ?

Non. J'aurais dû rajouter qu'on a un système qui est très puissant en France puisque la loi nous oblige, nous opérateurs pétroliers, à avoir en stock en permanence trois mois de consommation. C'est très bien réparti sur tout le territoire français.

Ces réserves peuvent-elles être bloquées ?

Elles sont sous le contrôle du gouvernement. On doit les posséder en permanence et quand on a un problème dans un dépôt ou une zone donnée où l'approvisionnement s'est mal fait, à ce moment-là, avec l'accord du gouvernement, on débloque les volumes. On fait ça depuis une semaine, mais de façon très limitée, raisonnable. Cela permet de donner beaucoup de souplesse au système. On est très, très loin d'une pénurie, j'ai vu des situations beaucoup plus critiques que ça. [Le plus grand risque] c'est ce qu'on a vu au début avec des rumeurs et l'impact des médias. Les gens se disent qu'il faut absolument qu'ils aillent faire le plein même s'ils n'en ont pas besoin. Notre demande augmente de trois ou quatre. Donc là, on crée la pénurie, nous-mêmes consommateurs. Mais le phénomène s'est réduit."

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