Grève contre la réforme des retraites : à quoi faut-il s'attendre la semaine prochaine sur le front social ?

(ALAIN PITTON / NURPHOTO)

Les grévistes, notamment à la RATP et à la SNCF, sont toujours mobilisés contre une réforme qui veut fondre les 42 régimes existants en un système unique.

Le bras de fer continue. A la RATP et à la SNCF, notamment, la grève reconduite depuis le jeudi 5 décembre se poursuit ce week-end. Les salariés protestataires dénoncent entre autres la réforme des retraites annoncée par le gouvernement, qui doit fusionner en un seul système à points les 42 régimes existants. Voici les points forts de la semaine à venir sur le front social.

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Lundi : les partenaires sociaux reçus 

Tous les partenaires sociaux seront reçus, lundi 9 décembre, par la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn, et par le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye. L'un et l'autre doivent s'employer à déminer la colère des salariés, notamment dans les services publics. Pour Jean-Paul Delevoye, il s'agira de "tirer les conclusions" de la concertation menée avec les différents acteurs pour les remettre au Premier ministre et au président de la République, qui rendront leurs arbitrages.

La journée pourrait s'avérer, une fois de plus, difficile dans les transports. La SNCF a même recommandé aux voyageurs franciliens d'éviter les trains de banlieue ce jour-là, avec une trop forte affluence à craindre.

Mardi : les syndicats appellent à une grève interprofessionnelle

Après la mobilisation massive du jeudi 5 décembre, l'intersyndicale qui regroupe la CGT, FO, Solidaires, la FSU et trois organisations de jeunesse, appellent à une nouvelle grève interprofessionnelle le mardi 10 décembre. Se tiendra le soir même une réunion entre les syndicats pour "décider de la suite". A Paris, les manifestants défileront entre les Invalides et Denfert-Rochereau.

Quoique assez remontée contre le projet de réforme des retraites, où les cadres font figure de perdants, la CFE-CGC ne s'y joindra pas. Elle préfère attendre les annonces du gouvernement, le lendemain.

Mercredi : Matignon présente son projet

Edouard Philippe est attendu au tournant. Le Premier ministre doit présenter "l'intégralité du projet" mercredi à midi devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese). A lui de lever les nombreuses incertitudes autour de la réforme : quels mécanismes de solidarité ? Quelle prise en compte de la pénibilité ? Comment sera calculé le point de retraite ?

Le chef du gouvernement affirme rejeter toute logique de "confrontation". S'il se veut ferme sur "la disparition des régimes spéciaux", il pourrait annoncer des négociations secteur par secteur sur la période de transition. Il pourrait également reculer l'âge d'entrée en vigueur de la réforme : celle-ci devait s'appliquer au plus tôt aux personnes nées en 1963, elle pourrait finalement ne s'appliquer que pour les générations nées à partir de 1970, ou plus tard. 

Vendredi : versement de la prime de Noël

La date varie chaque année, mais en 2019, la prime de Noël sera versée le 13 décembre à 2,3 millions de ménages modestes. Agnès Buzyn l'a annoncé vendredi 6 décembre. Cette prime exceptionnelle de fin d'année est destinée aux bénéficiaires de certains minima sociaux et "constitue un coup de pouce pour les ménages les plus fragiles avant les fêtes de fin d'année", précise La Dépêche. Elle "est versée automatiquement dans les quinze jours précédant Noël, il n'y a aucune démarche à faire", précise le site service public. Elle varie de 152 euros (pour une personne seule) à 442 euros (couple avec quatre enfants).

La sélection de franceinfo sur la réforme des retraites

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