Quatre scénarios catastrophe envisagés par Saxo Bank pour l'année 2015

Le volcan Bardarbunga en éruption, le 14 septembre 2014, en Islande.
Le volcan Bardarbunga en éruption, le 14 septembre 2014, en Islande. (BERNARD MERIC / AFP)

Et si le Royaume-Uni sortait de l'UE, un volcan islandais décimait les récoltes, le cacao flambait ? A quoi ressemblerait le monde ?

Et si le Royaume-Uni sortait de l'UE, si un volcan islandais décimait les récoltes, et si le cours cacao flambait ? A quoi ressemblerait le monde ? Ce sont les questions posées par des analystes de Saxo Bank et repérées par Le Parisien samedi 13 décembre. La banque explique : "Lorsque les marchés sont incertains, il peut être utile de penser en dehors des cases. C’est l’objectif des 10 scénarios que nous avons élaborés cette année". Francetv info en a retenu quatre.

Un volcan islandais s'éveille

L'un des spécialistes de la banque danoise envisage une éruption majeure du Bardarbunga, ce volcan déjà actif en Islande. S'il émet un nuage de dioxyde de soufre sans précédent recouvrant l'Europe, les conditions météorologiques en seraient modifiées et il pourrait en résulter une chute de la prodution de céréales et un "doublement des cours", écrit John J Hardy, un haut cadre de la banque.

"Personne ne parle du volcan Bardarbunga, et pourtant on lui doit la plus importante éruption volcanique des 10000 dernières années", rappelle-t-il. Il ajoute qu'"avec plus d’un kilomètre cube de lave éjectée, c’est déjà la plus grande éruption en Islande depuis la fissure du Laki en 1783, qui avait dégagé selon les estimations 14 km3 de lave et avait recouvert l’Europe de l’ouest d’un nuage toxique composé d’émissions de dioxyde de soufre". Déjà, le volcan émet plus de dioxyde de soufre que l'industrie européenne dans son ensemble.

Le Royaume-Uni dit "goodbye" à l'Europe

Le Royaume-Uni va-t-il quitter l'Union européenne ? Le scénario n'est pas si irréaliste. Il est possible que le parti antieuropéen britannique, l'UKIP, devienne la troisième force au parlement en mai 2015. Les Conservateurs de David Cameron pourraient être contraints de faire alliance au sein d'un gouvernement de coalition. Dans ce scénario, le Premier ministre pourrait être contraint d'organiser un référendum sur l'avenir du Royaume-Uni au sein de l'UE, estime l'économiste Steen Jakobsen.

Les cours du chocolat flambent, chaud cacao

Tandis que le monde se régale de cacao, la production peine à suivre, remarque Ole Hansen de Saxo Bank. L'Asie est toujours plus demandeuse, mais surtout, le chocolat noir est à la mode. Finies les barres de chocolat au lait avec 10% de cacao, tout le monde veut du 70%.

"Qui dit demande en hausse dit production en hausse, particulièrement dans la plus importante région de culture au monde, en Afrique de l’ouest, où la Côte-d’Ivoire et le Ghana représentent 70% de la production mondiale", explique l'analyste. Or, "pour répondre à la demande croissante et mettre fin au déséquilibre croissant entre offre et demande, les producteurs de cacao ont besoin, année après année, de conditions quasi-parfaites pour leurs cultures". Et ce n'est pas gagné, surtout avec des cultures vieillissantes.

Bref, le cacao pourrait passer à 5 000 dollars la tonne "cela serait un nouveau record, excédent le précédent atteint à 3 775 dollars la tonne en mars 2011 lorsque la guerre civile en Côte-d’Ivoire avait interrompu les approvisionnements". Le cacao deviendrait-il alors un nouveau caviar ?

Coup de froid sur l'économie russe, Moscou fait défaut

Et si la Russie ne parvenait pas à se dépêtrer de ses ennuis financiers ? Chute des cours du pétrole et sanctions occidentales, les nuages noirs s'amoncellent déjà dans le ciel de Moscou et son économie se dirige vers la récession, remarque Steen Jakobsen.

A tel point qu'il relève qu'"une magnifique tempête se prépare du côté de l’économie russe, ce qui pourrait se traduire par un défaut sélectif soit de sociétés étatiques, soit de l’Etat lui-même. (...) La Russie apparaît déjà durablement sous-valorisée, que ce soit pour son énergie, ses mines, ses sociétés ou sa population. En conséquence, un nouveau départ (comme en 1998) est sans doute ce dont a besoin le pays pour son avenir, mais il a aussi besoin d’une solution diplomatique en Ukraine".

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